Guinée. Liberté de la presse: Alpha Condé et RSF pas sur la même longueur d'onde - Le360afrique.com

Guinée. Liberté de la presse: Alpha Condé et RSF pas sur la même longueur d'onde

Publié le 04/05/2017 à 14h00 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

alpha condé

#Société

#Guinée Alors que Reporter Sans Frontière trouve le pouvoir d'Alpha Condé pas tendre avec les médias, le président guinéen a déclaré, à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, que la presse est bien libre dans son pays. Il estime qu'elle est même plus libre qu'avant.

"En Guinée, le régime du président Alpha Condé n'est pas tendre envers les médias. Nombre de journalistes ont dû fuir le pays à la suite d'articles controversés. Le gouvernement tente périodiquement de censurer les médias sous des prétextes administratifs ou juridiques". En ces mots, Reporters Sans Frontière explique comment les journalistes sont dans la tourmente en Guinée. 

Le rapport de RSF publié à la veille de la célébration de la journée internationale de la presse a suscité, mercredi, une déclaration inattendue du président Alpha Condé sur la journée internationale de la liberté de la presse.

Le président guinéen contredit RSF en estimant qu'en dépit des "efforts à fournir, des difficultés et incidents de parcours...", la presse est libre en Guinée. "Elle est plus libre aujourd'hui qu'hier et le sera davantage demain, si elle ne cède rien de son indépendance et de ses droits, mais ne se dérobe pas non plus à ses devoirs, notamment celui de concilier le pouvoir qui lui est reconnu avec l'exigence de responsabilité, de citoyenneté et de patriotisme", a déclaré le président de la République.


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Alpha Condé s'est réjoui du fait qu'aucun journaliste ne se retrouve en prison pour avoir fait son travail sous sa présidence.

Si aucun journaliste n'est emprisonné sous Alpha Condé par le fait de son travail, le président et la presse n'ont toujours pas entretenu des relations tendres. Alpha Condé a toujours tenu des propos jugés sévères ou humiliants par les journalistes guinéens.

En février dernier, le président n'a pas mâché ses mots pour déclarer : "le gouvernement ne communique pas correctement, vous les journalistes aussi, vous écrivez du n'importe quoi". Le 15 mai 2016, il déclarait au cours d'une conférence de presse qu'il "ne consomme aucun média guinéen". Le mois qui a suivi cette déclaration, un journaliste a été passé à tabac par la garde présidentielle.

Les journalistes guinéens reprochent aussi à Alpha Condé de préférer la presse internationale. Après la nomination de l'ancien journaliste Tibou Camara comme conseiller à la Présidence, des journalistes guinéens ont accompagné Alpha Condé pour la première fois dans un de ses nombreux voyages. En février dernier, le président guinéen a exprimé son intention de signer un pacte avec la presse dans l'objectif d'amener chacune des parties à assumer pleinement sa responsabilité.


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Dans tous les cas, le pays gagne tout de même 7 places par rapport à l'année dernière et se classe 101e rang mondial sur 180 pays.

En Guinée, plusieurs évènements ont marqué la célébration de la journée internationale. A la Blue-zone de Kaloum le ministre de la Communication, Rachid Ndiaye, a réaffirmé "l'attachement du gouvernement aux valeurs de liberté et des droits de l'Homme" en présence de plusieurs acteurs de presse et membres du gouvernement.

Au cours de cette rencontre organisée par le ministère de la Communication, journalistes, patrons de presse et gouvernants ont convenu que le paysage médiatique guinéen reste à nettoyer.

En Guinée, le paysage médiatique compte 120 sites internet, une cinquantaine de stations radios privées, ainsi que six télévisions privées. Touchés par l'arrivée de l'Internet, les journaux se résument aujourd'hui à seulement une dizaine de titres.

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