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Sénégal. Dakar. Marche contre la corruption: l’opposition et la société civile bravent l’interdit du préfet

Mise à jour le 16/06/2019 à 13h47 Publié le 16/06/2019 à 13h45 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

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#Politique

#Sénégal Des centaines de Sénégalais ont répondu à l’appel à manifester contre la corruption de la plateforme «Aar Li Nu Bokk». Les membres de l’opposition et des associations de la société civile ont tous rallié la Place de la Nation à Dakar. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés.

L’opposition et les associations de la société civile ont bravé l’arrêté d’interdiction signé par le préfet de Dakar, le jeudi 14 juin dernier, pour empêcher des citoyens sénégalais d’exercer leur droit constitutionnel de manifester.

Le député Ousmane Sonko, figure montante de l’opposition sénégalaise, leader du parti Pastef, ainsi que les membres du mouvement citoyen «Y’en a marre» ont répondu à l’appel à un rassemblement pacifique place de la Nation, pour réclamer que toute la lumière soit faite sur les transactions pétrolières entre l’homme d’affaire austro-roumain, Frank Timis, la firme britannique British Petroleum et le frère du président Macky Sall, Aliou Sall.

Les manifestants ont installé des barricades de pierres, de pneus usagés et de bois aux alentours du lieu de rassemblement pour empêcher les policiers d’arriver jusqu’à eux.

En tenue anti-émeute, et aidés par les blindés, les policiers ont, comme à leur habitude, usé de leurs grenades lacrymogènes pour les empêcher de se regrouper.

Mais les manifestants ont riposté par des jets de pierres et ont mis le feu aux pneus et en scandant des slogans comme «Nos ressources naturelles n’appartiennent pas à la famille du président», «Macky dictateur», «Macky corruption».


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Ces citoyens sénégalais n’ont manifestement pas confiance en l’enquête judiciaire ouverte, le mercredi 12 juin dernier, par le procureur de la République sur ordre du ministre de la Justice, Malick Sall.

Des membres du Front de résistance national (FNR), dont l’opposante Maïmouna Bousso, et des membres de la société civile, ont été arrêtés.

Une situation que dénonce vigoureusement le FNR, qui exige «la libération immédiate de tous ceux qui ont été injustement arrêtés».

Ses membres dénoncent avec «la dernière vigueur ces interdiction répétées et systématiques des manifestations depuis depuis l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, et l’usage de la force pour empêcher les citoyens d’exercer un droit constitutionnel, celui de manifester».

Des membres du mouvement citoyen «Y’en a marre», tels que le rappeur Simon Kouka ont été appréhendés. Ce dernier a été arrêté alors même qu’il répondait à une interview du correspondant au Sénégal de Radio France International (RFI).


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Rappelons également que des lanceurs d’alertes comme Clédor Sène, Thierno Alalssane Sall, ancien ministre sénégalais de l’Energie, Ousmane Sonko, député à l’Assemblée nationale, leader du Pastef, et son collègue Mamadou Lamine Diallo, n'ont eu de cesse de dénoncer la «spoliation des ressources naturelles du Sénégal par la famille du président Macky Sall».

Mais cette affaire a pris une grande ampleur après un reportage effectué par Mayéni Jones, journaliste auprès de la chaîne britannique BBC.

Il est question dans ce reportage de faits de corruption présumés dans une transaction pétrolière entre Frank Timis et la firme anglaise British Pétroleum. Aliou Sall, frère du président Macky Sall, y aurait joué un important rôle.

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