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Sénégal. Biens mal acquis: l'Union européenne tape du poing sur la table

Mise à jour le 01/12/2016 à 16h10 Publié le 01/12/2016 à 14h29 Par notre correspondant à Dakar Ibrahima Diallo

Enrichisseement Illicite: L'union européenne tape du point sur la table
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#Société

#Sénégal En un an et demi, l'Union Européenne aura déboursé un beau pactole pour financer le gendarme anti-corruption sénégalais. Mais Dakar ne semble plus très pressé de continuer à traquer et à sanctionner les corrompus et les auteurs de détournements. L'UE tape du poing sur la table.


Quelle suite pour la traque des biens mal-acquis après Karim Wade? Suite au rocambolesque débarquement de Nafi Ngom Keïta, son successeur à la tête de l’Ofnac, le fameux gendarme anti-corruption sénégalais, tente de donner un second souffle à la lutte contre l’enrichissement illicite qui, il faut le dire, bat de l’aile.

Après la libération de Karim Wade et son « exil-forcé » au Qatar, beaucoup avaient parlé de la fin de la traque des biens dits "mal-acquis" et d’un enterrement de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) qui a fait couler beaucoup d’encre depuis son exhumation par le président Macky Sall.


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Seulement, les bailleurs de fonds ne veulent pas entendre parler d’un relâchement dans la lutte contre la corruption pour des motifs de politique interne. L’Union européenne, qui subventionne l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) à hauteur de 264 millions d’euros sur une période de 18 mois, met déjà la pression pour que les personnes reconnues coupables de détournement soient effectivement sanctionnées.

« Le défi clé pour le renforcement du contrôle et de la répression est d’augmenter le ratio d’application effective de sanctions suite aux enquêtes menées », a expliqué Clemens Schroeter, premier conseiller de la délégation de l’UE auprès de la République du Sénégal. Estimant « qu’il y a encore un problème sérieux de corruption au Sénégal », Clemens Schroeter explique que l’un des objectifs du programme d’appui de l’UE au plan d’action de l’OFNAC est de contribuer à la réduction de la fraude et de la corruption « par la répression ».


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Face à cette pression des bailleurs, la magistrate Seynabou Ndiaye Diakhaté, qui a remplacé Nafi Ngom Keïta à la tête de l’OFNAC – dans les conditions que l’on connaît – tente de donner un second souffle à cette traque. Elle informe que « plus d’une dizaine de dossiers » sont actuellement sur la table de l’OFNAC. « Je suis en train de les étudier avec les agents », dit-elle, ajoutant que l’OFNAC reçoit « des plaintes de toutes sortes tous les jours ».

Cependant, à la différence de son prédécesseur, Mme Diakhaté ne voit pas l’OFNAC comme un justicier ou un « mini-parquet ». «Nous sommes chargés de collecter des informations, de recevoir des plaintes, de faire des investigations dans des domaines de la fraude et de la corruption, des infractions connexes et assimilées », dit-elle. Voilà qui est précis. Du moins sur les missions de l’OFNAC.

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