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Karim Boukhari
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Sois un homme, mon frère!

Par Karim Boukhari le 21/07/2018 à 18h00

Ce texte est une tentative de raconter, «de l’intérieur», les raccourcis et les enchainements qui ont engendré la campagne #kounrajel (sois un homme!). Accrochez-vous!

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Pourquoi, à votre avis, beaucoup de Marocains sont pauvres, ne travaillent pas et n’envoient pas leurs enfants à l’école ? Réponse : parce que d’autres Marocains les volent. D’accord.

 

Et pourquoi un sentiment de chaos nous saisit à la gorge quand on sort dans la rue ? Pourquoi est-ce que les viols sont courants ?

 

Pourquoi est-ce que la cellule familiale semble désormais désunie ? Pourquoi la solidarité et la compassion ont disparu de nos sociétés ? De quoi nous vient ce terrible sentiment que les jeunes ressemblent parfois à des bêtes sauvages et sans éducation ? Pourquoi personne ne respecte personne ni rien ? Réponse : parce que les Marocains se sont écartés de leur religion et la résument uniquement à jeûner et prier.

 

Quel est le tableau qui, au quotidien, résume ce laisser aller, ce délitement des valeurs, des mœurs, cette «fawda» comme l’appelait Youssef Chahine ? Réponse : l’image d’une femme se promenant presque nue dans la rue, insensible et indifférente, alors qu’elle provoque une véritable émeute à chacun de ses pas.

 

D’accord, d’accord.

 

Que faire alors, mes amis, mes frères ? Je m’adresse évidemment aux hommes et à eux uniquement. Le sort de la communauté dépend d’eux. Ils sont responsables de leurs enfants et de leurs femmes. Leurs sœurs, leurs mères, leurs filles, leurs voisines aussi. Ils sont responsables de ces inconnues lâchées sans bride dans la rue et qui se croient tout permis.

 

Je répète : que faire, mes amis, mes frères ? Dieu ne nous a-t-il pas demandé de réparer le mal ? Rappelez-vous le hadith que nous ont appris nos pères et nos maitres d’école, en nous le faisant répéter comme si notre vie devait en dépendre : «Celui qui voit le vice ou le mal (al-Mounkar) doit le réparer, et si ce n’est pas de sa main, c’est de sa langue, et s’il ne peut pas, qu’il le fasse dans son cœur…même si c’est le degré le plus faible de la foi».

 

Alors réparons le mal, éliminons le vice. Faisons-le avec la langue, avec les mots, au moins. Ne restons pas silencieux, les bras croisés, comme des spectateurs passifs. Ne nous contentons-nous pas de le penser et de le garder seulement dans nos cœurs. Agissons, agissons.

 

Appelons-en aux hommes. Ou à ce qu’il en reste. Appelons-en aux vrais hommes et aux autres. Appelons-en à tous les hommes. Ne sont-ils sensibles ? Ne sont-ils pas dignes ? Ne sont-ils pas fiers ? Ne souffrent-ils pas de ne plus être respectés par leurs femmes ? Leurs filles, leurs sœurs, leurs voisines, les amies et les femmes des amis, les inconnues qui se baladent presque nues dans la rue ?

 

Appelons-en à leurs mains plus qu’à leurs cœurs. Leurs cœurs sont remplis d’amertume devant tant de vice, tant de mal. Mais leurs mains sont encore libres d’agir. De changer les choses. De couvrir leurs femmes, toutes leurs femmes, leurs corps et leurs hontes (awra), pour commencer ? Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Pourquoi ne voudraient-ils pas se faire respecter comme leurs pères et leurs grands-pères étaient respectés ?

 

Ne sont-ils pas des hommes, avant et après tout ?