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Rachid Achachi
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Le Maroc et la neuvième circonscription

Par Rachid Achachi le 26/05/2022 à 11h58 (mise à jour le 27/05/2022 à 20h18)

Il n’est pas dans les habitudes d’un patriote de s’ingérer dans les élections d’autrui. Mais il est tout autant de son devoir d’anticiper les différents scénarios électoraux ainsi que leurs impacts sur les intérêts nationaux du Maroc.

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Actuellement et dans le cadre des législatives françaises de 2022, une campagne électorale acharnée se joue au Maroc en particulier, et au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, autour de la 9e circonscription. Celle des Français de l’étranger. Mais le fait est que bon nombre de Français résidant au Maroc sont des Franco-Marocains, et donc des Marocains de notre point de vue. Puisque pour notre soft power en France, il serait bon d’avoir un élu de la 9e circonscription qui soit non seulement d’origine marocaine, mais également favorable aux bonnes relations entre nos deux pays.

 

Il est cependant inutile ici de faire l’inventaire de la vingtaine de candidats et de leurs programmes politiques, si tant est qu’ils en aient pour certains. L’argent, les réseaux et un slogan peuvent faire l’affaire, mais pas pour tous.

 

Globalement, il est possible de faire une typologie des candidatures construites autour de trois pôles majeurs: la gauche, la majorité présidentielle et les indépendants.

 

Commençons par le pire du point de vue de nos intérêts nationaux: la gauche. Le Franco-Tunisien Karim Ben Cheikh se présente en tant que candidat de la gauche sous l’étendard de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociales (Nupes). Au fond, et vu les résultats des récentes présidentielles, il ne s’agit ni plus ni moins que du candidat de La France Insoumise, celle de Mélenchon, mais aussi marginalement des autres mouvances de gauche. Et c’est là où le bât blesse. Car traditionnellement, la gauche française a souvent vacillé entre l’ambiguïté et l’hostilité à l’intégrité territoriale du Maroc, notamment concernant notre Sahara. De plus, il y a son origine tunisienne, dans un contexte où les relations maroco-tunisiennes ne sont pas forcément au beau fixe. Les Marocains seraient donc curieux, sans l’exiger pour autant, que Ben Cheikh se prononce sur sa position concernant le Sahara marocain, mais également sur le devenir de Sebta et de Melilia.

 

Vient ensuite la majorité présidentielle, représentée par Elizabeth Moreno. Originaire du Cap-Vert, Moreno a autant de relations avec le Maroc que moi j’en ai avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Mais blague à part, son seul lien avec le Maroc se résume à un court passage de moins de deux ans à la tête d’un «Business unit» de Dell.

 

Mis à part son aura d’ancienne ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes, à la diversité et à l’égalité des chances entre 2020 et 2022, elle n’a aucune connaissance réelle qui découlerait d’un vécu, des vraies problématiques que rencontrent les Français résidant au Maroc. Par contre, elle peut compter sur le soutien et les réseaux dont disposent les soutiens de la majorité présidentielle.

 

Après vient Naima M’Faddel. D’origine marocaine, sociologue de formation  et vue par beaucoup comme la candidate de LR, elle n’est rentrée que très récemment au Maroc. Peut-être, d’ailleurs, en vue de se présenter en tant que candidate à la 9e circonscription.

 

Ayant été adjointe au maire de Dreux en charge de la politique de la ville et acteur associatif dans l’animation socio-culturelle, son très court vécu au Maroc ne joue pas forcément en sa faveur auprès de l’électorat français au Maroc. Elle pourra cependant probablement compter sur le vote d’une partie des Français d’origine marocaine.

 

Enfin, les indépendants. Sur ce registre, Mohamed Oulkhouir se distingue par une approche atypique. Puisque son programme s’adresse directement aux fondements de la citoyenneté des électeurs, et non à leurs filiations idéologiques ou partisanes. D’origine marocaine, Oulkhouir est avocat, acteur associatif et chroniqueur radio. Il s’installe définitivement au Maroc en 2011, et peut par conséquent se prévaloir d’un long vécu au Maroc. Son approche pragmatique et non partisane ainsi que son ancrage marocain pourraient lui valoir des votes favorables autant du côté des Franco-Marocains que des Français originaires de l’Hexagone.

 

Pour conclure, nous rappellerons que le vote des Français demeure un vote souverain, au même titre que celui de n’importe quel autre peuple. Mais étant l’épicentre de ces élections concernant la 9e circonscription, les Marocains ont toute la légitimité pour évaluer, sans aucunement influencer, le déroulement ainsi que le dénouement de ces élections, notamment à travers le prisme de nos intérêts nationaux et du développement des bonnes relations entre le Maroc et la France.