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L’antimarocanisme des eurodéputés, hors-sol, de la gauche radicale

Par Jalal Drissi le 28/09/2022 à 17h56

Si on parle de cet eurodéputé, c’est parce qu’il s’est présenté le mardi 20 septembre, à la tête d’une «délégation-auto-instituée-commission d’enquête», au poste-frontière de Melilia pour accéder au territoire marocain. Il pensait entrer au Maroc comme on entre dans un moulin. Mal lui en a pris.

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Lors des élections européennes de mai 2019, la gauche radicale, qui comptait 52 eurodéputés, s’est effondrée. Elle s’est retrouvée avec 39 députées sur 705 dans le Parlement européen. Net déclin d’un conglomérat de députés rouges, verts, anticapitalistes, antilibéraux, gauchistes de Podemos,  éco-socialistes, communistes, insoumis, basques, défenseurs d’animaux…

 

Le «GUE-NGL» –Groupe européen confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique– est le plus petit groupe au PE. Un bric-à-brac idéologique perméable aux manipulations, y compris algéro-polisariennes. A condition de leur «vendre» des bobards et contrevérités qui répondent à leurs besoins romantico-révolutionnaires, inassouvis, même si les causes sont archi-perdues.

  

Sept membres de ce groupe se sont fait remarquer en mars 2022 lorsqu’ils ont voté contre la résolution du PE, adoptée à une écrasante majorité, sur l’invasion de l’Ukraine. Parmi eux, Miguel Urban Crespo, eurodéputé espagnol, appartenant à la mouvance «anticapitalista» et aussi membre de Podemos depuis 2014.

 

Il a toujours été hostile au Maroc, et si on parle de lui, c’est parce qu’il s’est présenté le mardi 20 septembre, à la tête d’une «délégation-auto-instituée-commission d’enquête», au poste-frontière de Melilia pour accéder, au territoire marocain… mais en vain. Il pensait entrer au Maroc comme on entre dans un moulin. Mal lui en a pris.

 

Ils n’ont d’yeux que pour le Maroc!

Accompagné d’autres autres membres du «GUE-NGL», il voulait, dit-il, «enquêter» sur l’assaut donné, le 24 juin dernier, par 2.000 migrants clandestins africains contre l’horrible «triple clôture de barbelés» de Melilia, faisant de nombreuses victimes parmi les migrants et les forces de l’ordre marocaines et espagnoles. Un drame douloureux que le Maroc a été le premier à déplorer. L’Espagne, l’Union européenne et l’Union africaine ont également déploré ce drame sans stigmatiser le Maroc.

 

Conformément à la loi, 62 migrants sont poursuivis en justice, 33 pour «entrée illégale sur le sol marocain», «violence contre agents de la force publique», «attroupement armé» et 29 pour «participation à une bande criminelle en vue d'organiser et faciliter l'immigration clandestine à l'étranger». L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) suit le procès.

 

Ce nombre réduit de 62 migrants présentés à la justice est minime par rapport aux 2.000 assaillants. Cela signifie que les autorités marocaines n’utilisent ni les procédés de rafle, ni les arrestations massives, contrairement aux pratiques connues d’un pays voisin.

 

Cette «commission» est venue nourrie de préjugés anti-marocains et de clichés odieux sur le Maroc, sa justice et ses pouvoirs publics. Miguel Urban Crespo a qualifié le procès de Nador de «pure farce». Une visite quasi ignorée par les médias européens mais accompagnée par un tintamarre de la presse algérienne, laissant supposer une coordination.

 

Quel est le contexte international de cette visite? Ces eurodéputés –irresponsables ou immatures– ont tourné le dos à toutes les urgences planétaires du moment… Ils n’ont d’yeux que pour le Maroc!    

 

Les canons tonnent et le sang coule en Europe, qui vit sa plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale. La crise énergétique angoisse les populations et fait flamber les prix partout dans le monde. Il y a également une urgence écologique planétaire face à des dérèglements climatiques apocalyptiques…

 

Signe évident de ce désarroi, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a utilisé des mots très durs contre la Russie le 14 septembre: «Il ne s'agit pas seulement d'une guerre déclenchée par la Russie contre l'Ukraine. C'est aussi une guerre contre notre énergie. C'est une guerre contre notre économie. C'est une guerre contre nos valeurs. C'est une guerre contre notre avenir.» De son coté, la Russie est en train de mobiliser 300.000 combattants et menace d’utiliser l’arme nucléaire.

 

Il y a aussi un profond bouleversement des valeurs en Europe. Les électorats suédois et italiens ont basculé vers l’extrême droite. La France timorée se recroqueville et se fait séduire par les thèses racistes et xénophobes. La contamination électorale xénophobe s’étendra inéluctablement au reste de l’Europe.

 

Le contexte est également marqué par l’atmosphère tendue de cette 77ème assemblée générale de l’ONU. Elle a acté la gravité des bouleversements climatiques provoqués par les «émissions» des pays nantis. Canicule, sécheresse, feux de forêt, tempêtes et inondations cataclysmiques, notamment au Pakistan. Antonio Guterres a utilisé la formule choc de «carnage climatique». Il a demandé d’«arrêter la folie avec laquelle nous traitons la nature». Toutes ces tensions ont été zappées par ces eurodéputés déconnectés et hors-sol.  

 

Militant mercantile

Pour revenir à Miguel Urban Crespo, son parcours et son profil expliquent pourquoi il n’aime pas notre pays, ni ses institutions. Il ne porte pas non plus d’attachement particulier aux institutions espagnoles. Né en 1980, eurodéputé depuis 2015, il fait partie de la «gauche trotskyste anticapitaliste» (Trotskyste Izquierda Anticapitalisata). Il est cofondateur de Podemos avec son comparse Pablo Iglesias.

 

Mais là où le sujet devient à la fois intéressant et inquiétant, c’est lorsque le journal espagnol en ligne OK Diario du 24 septembre 2022 a confirmé les liens financiers de Pablo Iglésias, fondateur de Podemos, avec l’Iran et le Venezuela. L’ami de Miguel Urban Crespo animait une émission sur Hispan TV, télévision satellitaire de propagande iranienne destinée aux hispanophones. Elle est connue pour être antisémite et pour propager la théorie du complot dont serait victime l’Iran.

 

OK Diario rapporte que «selon le rapport de l'Unité centrale de lutte contre la criminalité économique et fiscale de la police nationale espagnole, Pablo Iglesias et ses plus proches collaborateurs recevaient depuis 2013 "entre 600.000 et 700.000 euros par an" de la dictature iranienne depuis 2013». Le rapport souligne aussi que le gouvernement iranien contribuait financièrement pour «l'exploitation, l'amélioration, la publicité et l'entretien de Podemos» (sic!). 

 

On frôle la «farce», pour reprendre le mot de Miguel Urban Crespo, avec ces «militants» redoutablement mercantiles. Quel naufrage! Marx, Lénine, Trotsky et autres Gramsci et Rosa Luxemburg doivent se retourner dans leur tombe. On ne sait plus ce qu’il faut penser de Podemos.

 

La dictature algérienne n’est jamais loin 

Quand on parle d’Iran et de Podemos, la dictature algérienne n’est jamais loin. Leurs liens sont infinis. Une aile active au sein de Podemos est l’alliée indéfectible de la junte pour nuire au Maroc. Ce mouvement a tout fait pour déstabiliser Pedro Sanchez suite à la reconnaissance par l’Etat espagnol de la souveraineté marocaine sur son Sahara. A ce sujet, l’ingérence algérienne dans les affaires intérieures de l’Espagne est grossière et intolérable. Par ailleurs, le silence de Podemos sur la répression meurtrière des manifestations en Iran après la mort de Masha Amini, brutalisée par la «police des mœurs» des mollahs, a choqué l’opinion publique espagnole. Podemos regarde ailleurs, de peur de froisser le sponsor?  

 

Puisqu’on sait d’où vient le chef de file et porte-parole de cette «délégation», comment donc accorder une once de crédibilité à ces gens-là? On aurait souhaité qu’ils s’interrogent sur les causes profondes de ces phénomènes migratoires.

 

Que font-ils face aux bouleversements climatiques, provoquées par les pays nantis, et qui obligent les Africains à fuir vers le Nord? Jusqu'à quel seuil le Maroc continuerait d’être «considéré» comme un «verrou» aux portes de l’Europe?

 

Ont-ils appelé à des négociations entre l'Espagne et le Maroc –dans la sauvegarde des intérêts de tous– pour que ces deux enclaves, vestiges de la colonisation, soient récupérées légitimement par notre pays? Sebta et Melilia, deux confettis de l'espace Schengen en Afrique, constituent un puissant appel d’air à la pression migratoire et ses tragédies.

 

En attendant, l’Espagne et l’Europe pourraient déjà accueillir d’une manière digne et humaine les migrants africains comme ils l’ont fait pour des millions de réfugiés ukrainiens. Accabler le Maroc n’a aucun sens.

 

Enfin, il faudrait rappeler à ces eurodéputés que pendant qu’ils faisaient leur «cinéma» du côté de Melilia, Nasser Bourita, rencontrait à New York, le 23 septembre, Josep Borell, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, vice-président de la Commission européenne.

 

Une déclaration commune a été adoptée sur la volonté réciproque d’approfondir le dialogue et la coopération dans le cadre du partenariat stratégique entre l’Union européenne et le Maroc, ainsi que la signature prochaine du partenariat vert UE- Maroc, une première dans le voisinage Sud, portant sur le changement climatique et la transition verte.

 

Les agitations de cette poignée d’eurodéputés minoritaires sont insignifiantes face à ces engagements majeurs entre l’Union européenne et le Maroc.