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Tahar Ben Jelloun
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Par Tahar Ben Jelloun (@Tahar_B_Jelloun) le 05/11/2018 à 10h59

Une petite affaire minable vient de confirmer que le Maroc ne sait pas communiquer. Un militant de «la cause sahraouie» a réussi à trouver un bout de mur au quatrième étage du Centre Pompidou pour afficher des photos de soldats marocains. N’en faisons pas une affaire.

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Une petite affaire minable vient de confirmer que le Maroc ne sait pas communiquer ou néglige cet aspect devenu essentiel par les temps qui courent. Aujourd’hui la communication est une science à laquelle tout Etat ou parti politique se doit de faire appel. L’information a changé de rythme et de genre. Les réseaux sociaux fusent de partout. Il faut savoir les nourrir et les maîtriser si on veut avancer en politique. Or le Maroc, conscient depuis toujours d’avoir un déficit dans ce domaine, n’a rien ou presque rien fait pour se doter d’une officine dont le but est de faire connaître et aussi de convaincre les amis et les adversaires du bien-fondé de ses choix politiques, économique, culturels. On appelle cela du lobbying.

 

Manifestement, le lobby marocain ne semble pas très efficace.

 

L’Algérie a mis sur pied un système de lobbying de grande envergure. Elle en a largement les moyens, mais au fond, ce n’est pas qu’une question de moyens. Mine de rien, elle agit et il lui arrive, comme cela s’est passé dernièrement au centre Georges Pompidou, de glisser des éléments de sa propagande anti-marocaine dans un cadre artistique. Un certain Jean Lamore, militant de longue date de ce qu’il appelle «la cause sahraouie» a réussi à trouver un bout de mur au quatrième étage du Centre Pompidou pour afficher des photos de soldats marocains tombés au combat contre l’Algérie, sur la frontière saharienne du Maroc. Les mercenaires au service d’Alger ont donné à cet individu des photos prises dans les poches et portefeuilles des victimes. Ils avaient osé dépouiller des morts, c’est dire l’état d’esprit de ces ennemis agissant sous les ordres d’Alger. Ainsi plusieurs vies, plusieurs intimités ont été exposées sans pudeur, sans honte, sans morale.

 

Apparemment, le centre Pompidou a été leurré. Personne n’a vu que derrière cette démarche soi-disant artistique, il y avait une intention politique qui porte atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc à travers la violation de l’intimité d’hommes tombés sous les balles de criminels entraînés, formés, payés et soutenus par l’Algérie qui a fait de la haine du Maroc sa principale névrose.

 

Jean Lamore joue sur l’humanitaire. Il parle dans une vidéo de «photographies retrouvées dans les portefeuilles de soldats marocains morts pendant la guerre contre le Polisario, de leurs femmes, de leurs enfants, de leurs familles». Et alors? De quel droit exhiber aujourd’hui cette part intime et strictement personnelle d’hommes qui ont eu le malheur de mourir en défendant l’intégrité territoriale de leur pays? De quel droit cet énergumène s’accapare ces vies et les humilie de nouveau en donnant à voir ce qu’ils portaient sur eux comme lien précieux avec leurs familles? Faire de l’art avec cela est une honte. C’est voler un mort. C’est simplement dégueulasse.

 

N’en faisons pas une affaire. On aurait même dû rester indifférent à cette nouvelle manœuvre ourdie par les services algériens. De toute façon, personne n’a entendu parler de cette exposition. Le centre Beaubourg ne l’a même pas signalée dans son programme. Alors passons et surtout apprenons à rester vigilant.

 

Ce n’est pas parce que le Maroc a raison sur le plan de l’histoire et de la géographie qu’il doit oublier de se battre en ayant un vrai service de communication qui réagit chaque fois que la vérité est détournée, piégée, falsifiée. Des sociétés spécialisées dans l’information travaillent discrètement à travers le monde pour faire passer des messages. Dans le cas du Maroc, il ne s’agit pas de mentir ou de tromper les gens, juste de faire connaître scientifiquement, objectivement, les thèses qu’il défend afin de préserver son intégrité territoriale. Ces sociétés sont basées dans des pays au-dessus de tout soupçon.

 

Il est un exemple fameux qui a sauvé le régime nauséabond de Bachar al Assad. Au début de la guerre contre son peuple, il avait chargé une société de communication américaine de faire passer dans les rédactions des plus grands journaux du monde l’idée qu’il faut soutenir Bachar parce qu’il se bat contre l’islamisme radical et ses pires représentants, Daech. Le slogan «plutôt Bachar qu’Al Baghdadi» a fonctionné à la perfection. Le monde a été convaincu qu’il vaut mieux un Bachar qu’un égorgeur comme l’inventeur du pseudo «Etat islamique». La société aurait été payée 250 millions de dollars. Cela fait partie de la guerre. Cela s’appelle de la communication.

 

Le Maroc n’a pas besoin de ruser comme l’horrible Bachar, il lui suffit juste de rétablir la vérité dans toutes ses dimensions.