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Hicham Lasri - Big Data Djihad - Première de couverture

Hicham Lasri montre son cinquième roman, «Big Data Djihad», paru aux éditions Outsiders. 

© Copyright : Editions Outsiders

Exclusivité-Le360. Ep8. Les bonnes feuilles de «Big Data Djihad», un roman de Hicham Lasri

Par Le360 le 01/10/2022 à 16h16

Artiste conceptuel et écrivain reconnu, Hicham Lasri fait un retour fracassant avec un cinquième roman, «Big Data Djihad», une déclaration de désamour sur fond de science-fiction et de frictions digitales, mais aussi le récit d’une catastrophe virtuelle, sans oublier une Revenge Fantasy. En voici les bonnes feuilles, un épisode après l’autre.

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«Big Data Djihad», c’est une histoire d’amour vache, de réseaux sociaux HS, des émotions édulcorées, un Dieu qui ne compte que les larmes des femmes, un monde «qui pue la merde» car peuplé de «trous de balles». Dans un registre cru, Hicham Lasri dépeint donc une humanité enracinée dans la peur, qui fait le sel du monde moderne.

 

Le360 vous convie à découvrir les bonnes feuilles d’un roman décrivant un anti-héros génial, qui casse Internet pour punir une influenceuse qui l’a quitté, sans que toutes les polices du monde ne parviennent à savoir ni comment, ni pourquoi.

 

Article sur le site Euronews
17-11-2027
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Le monde est sous le choc, l’économie s’effondre, la confiance dans le digital s’effrite. Le monde suffoque, sans parler des dégâts que les principaux acteurs du commerce électronique ont subis aujourd’hui à l’ouverture des places boursières. La chute des actions est vertigineuse, les mastodontes des réseaux sociaux sont ruinés, les Big Five ont perdu 99% de leur Big Data et malgré les tentatives de renverser la vapeur, les pertes semblent irréversibles.

 

C’est le deuil du Big Data! On se replie sur le monde analogique, les minerais et le pétrole pour préserver ses richesses... On ne sait pas comment le monde s’est retrouvé aussi démuni encore, comment cette situation a mis des pays en faillite, des compagnies qui semblaient insubmersibles ont les genoux à terre à cause de ce qui semble être une action terroriste d’une ampleur inimaginable.

 

Avant le monde digital, il n’y avait que six degrés de séparation entre les habitants de cette planète, avec le digital il ne restait qu’un seul degré de séparation, quand n’importe quel péquenaud de n’importe quel continent pouvait suivre et réagir aux tweets de Kanye West ou réagir au feed Instagram de Madonna ou de n’importe quelle célébrité du monde, mais ceci a changé et le monde est maintenant dans 1000 degrés de séparation... Maintenant, tous les compteurs sont à zéro,
Zéro clic,
Zéro vue,
Zéro interaction,
Zéro partage,
Zéro...

 

Tout le monde est revenu à la ligne de départ, vingt ans en arrière, un siècle de régression...
« J’ai mis les compteurs à zéro... » J’ai balancé une bombe Zéro dans l’âme d’Internet pour ébranler son moral et le ramener à zéro. J’ai détraqué le système de clics, j’ai détraqué les followings, les vues, les vies, les vas... J’ai remplacé tous les compteurs par la seule bombe fondamentalement arabe : ZÉRO partout.

 

C’est plus facile à dire qu’à faire. Il fallait le trouver, le centre névralgique d’Internet, de Facebook, d’Instagram, de YouTube et des autres conneries où les gens dilapident le peu de temps d’emprisonnement qu’ils ont à se coltiner dans cette vie avant la vaseuse promesse d’une prochaine, doublement emprisonnés dans un bagne de viande et de terre. Je suis Spartacus, j’ai libéré les gens du joug des machines ! On va me maudire pour les vingt prochaines années.

 

Mais comme tous les prophètes, il faut disparaître dans le martyre avant d’avoir du cult following. Je suis un Nü Prophète, et mon miracle je l’ai accompli. J’ai effacé les milliards de vues de la chanson Gangam Style sur YouTube, j’ai effacé les millions de toutous de Kim Kardashian sur Instagram, j’ai liquidé les millions de valets de Jake Paul sur Twitter... Je l’ai fait pour faire chier la Pute de Dos, réduisant à néant son exposition minable et la fausse valeur qu’elle se donne à travers de bêtes interactions algorithmiques stériles sur la toile.

 

Elle avait des yeux corbeau et colombe en même temps. Une vraie volaillère. Avant de se donner des airs de diva, elle avait niqué ses yeux à être content moderator sur TikTok pour empêcher les Chinois de voir des dévergondées qui font la danse du ventre... J’ai niqué le magasin de porcelaine.
Voilà mon crime !
Tuez-moi, je suis déjà immortel !
Dans ma tête, ce speech tourne en rond, ronronne depuis quelques heures : c’est ma confession, ma profession de foi et mon héritage, mon testament philosophique...