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Représentation théâtrale donnée par l'ENCG de Casablanca, dans le cadre du 26e FITUC.

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FITUC, une histoire de succès

Par M'Hamed Hamrouch le 05/07/2017 à 09h49 (mise à jour le 05/07/2017 à 11h06)

Le Festival international du théâtre universitaire de Casablanca a soufflé mardi 4 juillet sa 29e bougie. Coup de projecteur sur cet événement qui, trois décennies après sa naissance d'une passion commune entre enseignants et étudiants de la Faculté de Ben M'Sik, continue d'impressionner.

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Il est des sujets qu'il n'est pas aisé d'aborder. Il en va ainsi du Festival international du théâtre universitaire de Casablanca (FITUC). Aussi loin que je me souvienne -et c’est très loin- son baptême du feu coïncide avec mon entrée, au tout début des années 90, à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines Ben M’sik. Cela fait vingt-neuf ans. Trois décennies ou presque et je m’en souviens comme si c’était arrivé hier. C'est dire à quel point cette saga, à la naissance de laquelle j’ai eu le plaisir d’assister et la fierté de participer, a été marquante.

 

Loin de moi l’idée de prétendre que «tout était mieux avant» mais, comme dirait Marcel Proust, il y a ce «goût de la Madeleine» qui, malgré l’âge, reste à la bouche. Il faut rendre, ici, un hommage particulier à tous ceux qui ont posé les jalons de ce grand festival, dont Hassan Smili, alors doyen de la fac Ben M'Sik, Mohamed Mokri (secrétaire général), Béatrice Bertrand (chargée de l'animation culturelle), Rachid Fekkak (acteur et enseignant de théâtre), Abdellah Chakiri (acteur), et, last not least, Abdelkader Gonegai, l’un des fondateurs fraîchement désigné doyen et, du coup, président de cette grand-messe qui a marqué, de son empreinte indélébile, des générations et des générations. Pionniers et jeunes continuent d'entretenir cette flamme et de répondre à «l'appel».

 

La preuve que les FITUCIENS, anciens et nouveaux, n’ont rien perdu de leur passion, continuant à nourrir les meilleurs sentiments à l’endroit d’un événement dont le mérite, au-delà du fait d’exister, est d’avoir transformé la vie estudiantine. A l’heure où s’étripaient gauchistes et islamistes, sur fond de références idéologiques ossifiées, le FITUC était là comme pour sonner le rappel. Le campus avait en effet dévié de sa vocation première de lieu de savoir et de débat, pour devenir le théâtre d’affrontements ayant occasionné des drames inutiles (le cas d’Aït El Jid étant ici un exemple tragique).

 

Rendons au FITUC ce qui appartient au FITUC. Du moins cette manifestation eut-elle le mérite d’offrir une alternative (et quelle belle alternative!) à l’échange... de coups de poing, que sais-je alors, de coups de poignard. Avec lui, la question n’est plus de choisir, forcément, entre le maROCK et le maroKISTAN. Plus encore, les joutes «idiologiques» (ou politic(h)iennes) n’ont plus lieu d’être dans un espace dont la vocation initiale est l’acquisition des idées et l’échange d'arguments. Que le FITUC ait porté son dévolu sur le théâtre, cela n’est pas le fruit du hasard. La politique divise, «le père des arts» unit ... Le FITUC compte aujourd’hui des milliers de sympathisants à travers le Maroc, et non seulement. Fort de trois décennies d'expérience –il est classé comme étant le plus ancien festival de théâtre universitaire au monde- il a tissé sa toile un peu partout. Un rayonnement international qui se traduit par une forte participation de troupes étrangères venant, chaque année, partager et faire partager, avec leurs homologues marocaines, cette passion inoxydable pour le théâtre. Une belle passion.