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Une librairie de Casablanca. 

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Fragilisés, les libraires reprennent du service

Par Qods Chabaa le 26/05/2020 à 14h25 (mise à jour le 26/05/2020 à 14h29)

Deux semaines avant la fin de l'état d'urgence sanitaire annoncée pour le 10 juin, les libraires du Maroc poussent un ouf de soulagement. Ils ont été autorisés à ouvrir leurs portes ce mardi 26 mai.

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Les librairies du Maroc ont repris leur activité après deux mois d'arrêt pour cause de confinement. Ce mardi 26 mai, les 86 échoppes spécialisées dans la vente de livres ont été autorisées à lever leur rideau après une longue période de fermeture imposée par l'état d'urgence sanitaire. 

 

Othman El Ferdaous, ministre de la Culture, de la jeunesse et des sports, avait annoncé, samedi 23 mai, la reprise de l'impression et de la distribution des journaux et des magazines, puis la réouverture des kiosques et des librairies.

 

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Les spécialistes du livre sont particulièrement soulagés de pouvoir reprendre leur activité déjà fragilisée par le manque de lecteurs et le piratage. Durant ces deux mois de confinement, les libraires auraient pu réaliser de bons chiffres d'affaires, comme dans certains pays européens où les librairies sont restées ouvertes. "A part quelques libraires qui ont bénéficié de commandes directes de la part de leurs clients via WhatsApp et par téléphone, les autres n'ont pas fait la moindre vente durant ces deux mois et c'est dramatique", déclare Hassan Kamoun, président de l'Association des libraires indépendants, à Le360.

 

Les librairies existantes au Maroc ont accusé des pertes sèches: près de 80% de leur chiffre d'affaires. "Il est temps de réorganiser la filière et de se spécialiser dans la vente en ligne", remarque Hassan Kamoun. "Au Maroc, durant ces deux mois, seules deux librairies -Livre Moi à Casablanca et Basta à Rabat- ont pu vendre via Internet. Il y a une véritable niche à exploiter, mais la technologie coûte cher", explique-t-il. "J'ai moi-même voulu investir dans une plateforme digitale, mais il fallait débourser 100.000 dirhams et je n'ai pas les moyens d'une telle dépense", souligne celui qui est également propriétaire d'une librairie à El Jadida.