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Mary Higgins Clark

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La reine du suspense, Mary Higgins Clark, est morte à 92 ans

Par Leïla Driss le 01/02/2020 à 15h44 (mise à jour le 01/02/2020 à 16h04)

L'une des écrivaines les plus vendues au monde et reine incontestée du suspense est morte à l’âge de 92 ans après avoir écrit une cinquantaine de livres.

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Celle qui écrivait un livre par an, et avait écoulé quelques cent millions d’exemplaires de ses livres à succès, est décédée "entourée par sa famille et ses amis", a annoncé vendredi son éditeur, Simon and Schuster.

 

"Elle était unique. Personne n'a jamais été aussi connecté à ses lecteurs: elle les comprenait comme s'ils étaient des membres de sa propre famille. Elle savait avec certitude ce qu'ils voulaient lire, et ce qu'ils ne voulaient pas lire. Et pourtant elle réussissait à les surprendre à chaque nouveau livre. C'était la reine du suspense", a déclaré dans un communiqué son éditeur de longue date Michael Korda.

 

Une vie marquée par la mort

Née à New York, dans le Bronx, le 24 décembre 1927, dans une famille modeste d'origine irlandaise, Mary Theresa Eleanor Higgins Clark disait avoir attrapé le virus de l'écriture à l'âge de 7 ans.

 

Son goût pour l’intrigue, elle le tire des nombreux drames familiaux qu’elle traversera tout au long de sa vie et qui finiront par la convaincre que le pire peut toujours arriver. Elle a ainsi perdu son père à l'âge de 10 ans, puis son frère qui est mort d'une méningite. Son neveu âgé de 15 mois perdit la vie en tombant d'une fenêtre et c'est ensuite son mari qui a été emproté à l'âge de 44 ans par une crise cardiaque...

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Pour faire face et aider sa mère, elle a été contrainte de travailler très jeune et de se marier dès l'âge de 20 ans, avant de donner naissance à cinq enfants. Veuve à l'âge de 35 ans, celle qui fut tour à tour standardiste dans un hôtel, dactylo, puis hôtesse de l'air pour la Pan Am continuait d'écrire de 5 heures à 7 heures avant d'emmener les enfants à l'école.

 

A la mort de son mari, elle redevînt dactylo mais rêvait toujours de vivre de son écriture. Après des nouvelles, des feuilletons pour la radio, une biographie de George Washington, publiée mais sans succès, elle s'est lancée dans le roman policier. Elle rencontre alors le succès. Et c’est précisément ce moment où tout bascule dans une vie qu'elle aime décrire dans ses livres.

 

De succès en succès

Elle qui a connu tant de malheurs, et dont la vie a été si souvent ternie par la mort d'un proche, connaît enfin des heures heureuses avec la publication d'un premier livre, La maison du guet, classé best seller dès sa parution, en 1975.

 

Deux ans plus tard, elle devient millionnaire grâce à La nuit du renard (1977), incitant son éditeur français, Albin Michel, à créer la collection Spécial suspense.

 

Mary est alors enfin une romancière populaire reconnue mais, pour rattraper le temps perdu, elle s'inscrit à l'université de Fordham, à New York, où elle obtient une licence en philosophie, son premier diplôme universitaire, à 50 ans.

 

Dans ses mémoires, Entre hier et demain (2003), celle qui depuis 1996 était l'épouse de l'influent homme d'affaires John Conheeney, assurait qu'elle écrirait jusqu'à sa mort car si "gagner à la loterie, rend heureux un an, faire ce que l'on aime rend heureux toute une vie."