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L'art pour l'espoir à l'Atelier 21
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"L’art pour l’espoir", ou quand la pandémie se transforme en source d’inspiration

Par Abdelatif Abilkassem-MAP le 21/07/2020 à 14h29

L'art sauvera le monde, c’est avec cette citation du célèbre romancier russe, Fiodor Dostoïevski, que la galerie d’art "l'Atelier 21" tient à présenter l’exposition collective intitulée «L’art pour l’espoir», organisée à Casablanca et visible jusqu’au 15 août prochain.

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Une constellation de 27 artistes marocaines et marocains livrent leurs regards sur la pandémie de Covid-19 à laquelle fait face le monde, en transformant la période du confinement en une occasion d’innovation et de créativité, voire en une source intarissable d'inspiration permettant de célébrer la vie et l’espoir d'un avenir meilleur en parfaite illustration de l’adage populaire "ce qui ne tue pas rend plus fort".

 

De l'avis des organisateurs, "rien n’est plus éloquent ni source de résilience et d’espoir que l’art en ces temps d’incertitudes, étrangement suspendus, comme un deuil, deuil de nous-mêmes, du monde tel que nous le vivions et qui nous a été brusquement arraché".

 

"Plus que jamais, dans cette épreuve que nous vivons tous sous l’enfermement et la peur face à la pandémie du nouveau coronavirus, nous avons besoin de ce que l’art crée comme sens, force et beauté. Une beauté agissante qui éveille en nous ces sentiments dont nous pensions qu’ils ne pourraient plus resurgir avant longtemps: la joie, l’amour, l’émerveillement et l’espoir", lit-on dans la présentation de l’exposition parvenue à la MAP.

 

Exposition: «L’art pour l'espoir» à l'Atelier 21

 

Parmi les œuvres d’art présentées, on ne peut manquer le "Maroc que j’aime" de Mohamed Qannibou, qui donne à voir ce masque aux couleurs du drapeau national. L’artiste a été particulièrement attentif à l’importance des masques de protection pendant cette pandémie et se dit fier que le Maroc ait pu produire suffisamment de masques pour pouvoir se mettre à l’abri d’une pénurie qui deviendrait un indicateur du risque de propagation du coronavirus.

 

De même, Abdelkebir Rabii a su créer ce dessin au fusain aux dimensions imposantes composé d’ombre et de lumière qui rythment le mouvement des branches et des rayons du soleil qui les traversent. Le tout associé à l’invocation de "Ya Lotf Lah Al Khafi" qui réconforte, à chaque fois que nous chantons l’espérance, en nous interrogeant sur notre vulnérabilité face à la fatalité de l’existence.

 

Vidéo. Interview: l’artiste plasticienne Majida Khattari dévoile sa collection Covid-19

 

Et pour mettre en avant le sport qui, comme toutes les activités de la vie quotidienne, a largement été paralysé par le Covid-19, l’artiste peintre Hassan Hajjaj, à travers la photographie, projette sur le ton de la résilience l’exercice physique dans un mode confiné. Le décor est celui d’une femme qui exerce du sport à l’aide d’haltères faits avec les moyens du bord pour se maintenir en forme.

 

Un message fort de cette œuvre qui veut dire que la débrouillardise de l’être humain sera toujours plus forte que les états d’urgence qu’on lui impose. Pas d’abandon, pas de renonciation, pas de fatalisme, pas de laisser-aller.

 

"Fakarouni", l’autre fresque de Mohamed El Baz qui appose sur un miroir les paroles de la célèbre chanson de la Diva du monde arabe Oum Kalthoum, comme une invitation au spectateur à constater ce qu’est devenu ce monde qui l’abrite. Cette chanson d’amour perdu est pour l’artiste le prétexte pour évoquer le souvenir d’un monde disparu, un monde qu’on ne saurait oublier.

 

Vidéo. «L’art pour l’espoir» à l'Atelier 21: les artistes en parlent

 

Par ailleurs, Majida Khattari a su illustrer savamment l’une des moult répercussions du confinement à savoir le souci de rencontrer des êtres chers et d’embrasser le proche, l’ami ou l’amant. "Baiser confiné" est la création de Khattari qui a donné corps à cette œuvre aux "56 baisers", chacun posé sur un petit mouchoir de coton daté d'un jour de confinement, signature d’un manque et des frustrations subies par un enfermement imposé.

 

En somme, ces œuvres d’art que propose l’exposition "L’art pour l’espoir" en ces temps de coronavirus constituent non seulement des objets esthétiques vecteurs d’une émotion rétinienne et affective, mais aussi un acte de foi qui aide à entrevoir l’avenir avec tant d’espoir et de confiance.