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«Le pays des autres», le nouveau roman de Leila Slimani

Par Zineb Ibnouzahir (@ZinebIbnouzahir) le 08/03/2020 à 07h33

L’auteure franco-marocaine à succès nous revient avec un nouveau roman, premier opus d’une trilogie familiale qui nous replonge dans l'histoire douloureuse de la colonisation et de la décolonisation du Maroc.

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Leila Slimani, qui s’était vue décerner le prix Goncourt pour son deuxième roman, se positionnant d’emblée comme une écrivaine à succès, entame une tournée de présentation de son dernier livre au Maroc.

 

Son nouveau roman, Le Pays des autres, est le premier livre d’une trilogie familiale et historique à venir intitulée La guerre, la guerre, la guerre.

 

Leila Slimani y traite en partie de la guerre de 1939-1945 mais surtout des guerres de décolonisation et de celles plus secrètes qui écartèlent les familles.

 

Dans cette trilogie, les femmes de sa famille occupent le premier plan, en l’occurrence sa grand-mère maternelle incarnée dans le roman par le personnage de Mathilde, véritable héroïne d’une histoire à mi-chemin entre la France et le Maroc.

 

Elevée en Alsace, Mathilde, ce double romanesque de la grand-mère de Leila Slimani, grandit sous l’occupation allemande avant de s’accomplir en tant que femme à la Libération. Elle tombe alors amoureuse d’un spahi marocain de l’armée française qu’elle épouse et ira même jusqu’à suivre, par amour, au Maroc.

 

C’est dans l’exploitation agricole de ce soldat marocain que l’histoire commence réellement, dans un Maroc colonisé par les Français où les femmes vivent dans un monde d’hommes, de silences, de tabous et de non-dits.

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Tous les personnages de ce roman vivent dans «le pays des autres»: les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes, surtout, vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation.

 

Ce couple improbable qui devra se construire entre les horreurs de la colonisation et celles de la décolonisation, grandit et se forge dans un pays où un couple mixte ne sera jamais assez marocain pour pouvoir être intégré à la société, en l’occurrence celle de Meknès. En France, dans l’autre belle-famille, le couple ne sera pas non plus assez français pour pouvoir trouver du réconfort.

 

«Ils étaient à la fois victimes et bourreaux, compagnons et adversaires, deux êtres hybrides incapables de donner un nom à leurs loyautés. Ils étaient deux excommuniés qui ne peuvent plus prier dans aucune église et dont le dieu est un dieu secret, intime, dont ils ignorent jusqu’au nom» écrit ainsi Leila Slimani en parlant de ses grands-parents, devenus parias de deux sociétés.

 

Leïla Slimani sera en tournée dans les Instituts français de Casablanca (20 mars), Tanger (21 mars), Meknès (23 mars), Rabat (25 mars) et Marrakech (les 26 et 29 mars) pour y rencontrer le public autour de la présentation de son nouveau roman, et de séances de lectures et de discussions.

 

Le Pays des autres, de Leïla Slimani (Gallimard).