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Binebine Taïa
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Littérature: Mahi Binebine et Abdellah Taia, les deux Marocains en lice pour le prix Renaudot 2019

Par Zineb Ibnouzahir (@ZinebIbnouzahir) le 19/05/2019 à 13h04

Mardi 14 mai, le jury du prestigieux prix Renaudot a dévoilé sa sélection des 12 œuvres littéraires en lice pour le prestigieux prix français.

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Parmi les écrivains sélectionnés, deux marocains, Mahi Binebine avec son live « Rue du Pardon » et Abdellah Taïa pour « la vie lente ».

 

« Rue du Pardon », paru le 9 mai aux éditions Stock, relate la vie de Hayat, la narratrice, dans une petite rue très modeste de Marrakech. Un quartier pauvre, où la méchanceté prospère et a pour principale victime, Hayat, dont la blondeur fait honte à sa mère et suscite les ricanements.

 

S’ajoutent à cette fresque sociale dure et violente un père au visage diabolique et des commères pour voisines. Hayat, réussit à s’échapper de cette jungle et retrouve goût à la vie grâce à Mamyta, chanteuse et danseuse orientale qui gagne sa vie dans les cabarets et vit de ses charmes. Adulée et dénigrée par cette même foule masculine qui la contemple lorsqu’elle se produit, Mamyta est l’incarnation de la grâce qui se venge de l’hostilité, en se servant de son corps et de sa voix.

 

Dans « La vie lente », paru le 7 mars aux Editions du Seuil, Abdellah Taïa situe son histoire en France, suite aux attentats de 2015. Personnage principal, Mounir, parisien d’origine marocaine et homosexuel de 40 ans, vit dans une situation précaire. Il emménage dans un appartement, rue de Turenne, et ne tarde pas à nouer une amitité avec sa voisine du dessus, Madame Marty, une octogénaire qui tout comme lui, a du mal à joindre les deux bouts.

 

Mais l’amitié de ces deux exclus de la société finit par virer au cauchemar, jusqu’au jour où Mme Marty fait arrêter Mounir par la police. On le soupçonne d’entretenir des liens avec des djihadistes.  Un roman de rupture qui flirte avec la fine frontière entre imaginaire et réel.

 

Les autres œuvres en lice pour le Renaudot 2019 sont :

 “Neptune avenue” de Bernard Comment (Grasset), “Les furtifs” d’Alain Damasio (La Volte), “Les inéquitables” de Philippe Djian (Gallimard), “Arabe” d’Hadia Decharrière (J-C Lattès), “Un monstre et un chaos” d’Hubert Haddad (Zulma), “Le huitième soir” d’Arnaud de La Grange (Gallimard), “Occident” de Simon Libertati (Grasset), “Le mangeur de livres” de Stéphane Malandrin (Seuil), “Pas dupe” d’Yves Ravey (Minuit) et “Destruction” de Cecile Wajsbrot (Le Bruit du Temps).

 

Rendez-vous le 4 septembre pour la première sélection du prix Renaudot, puis le 8 octobre pour une dexième sélection et enfin le 4 novembre, pour la nomination du vainqueur.