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 Cover_Vidéo: Le360.ma •Rabat organise sa première biennale sous le signe « Un instant avant le monde »
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Vidéo. Arts: Rabat abrite une biennale improbable

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Benmini le 12/03/2019 à 16h57 (mise à jour le 12/03/2019 à 17h06)

Organisée par la Fondation nationale des musées, la première biennale de Rabat ouvre ses portes le 10 septembre 2019. C’est une biennale riche, vivante, multiforme, entièrement dédiée à des artistes femmes, à laquelle nous convie un commissaire qui ne craint pas l’audace.

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C’est une première qui laissera des traces pérennes. La ville de Rabat, qui a fait des arts et de la culture l’un des vecteurs de son rayonnement, abritera du 10 septembre au 10 décembre 2019, une biennale totalement dédiée à des artistes femmes. Un choix surprenant, audacieux et que le commissaire général de cette exposition, Abdelkader Damani, revendique sans complexe comme un parti-pris. Aux yeux de ce commissaire, l’égalité est le thème qui s’imposera dans un futur  proche: égalité entre les consommateurs de l’hémisphère sud et l’hémisphère nord, mais également égalité entre les genres, y compris dans la pratique artistique.

 

Intitulée «Un instant avant le monde», cette biennale réunira une soixantaine d’artistes femmes (plasticiennes, architectes, cinéastes, chorégraphes, metteures en scène), «invitées à entamer un nouveau récit du monde», selon l’expression d’Abdelkader Damani.

 

Ces artistes femmes vont investir plusieurs lieux et espaces publics de la ville. De telle sorte que tout Rabat sera concerné par cet événement.  Il y a bien entendu le musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain, mais aussi la Villa des Arts,  l'espace Expression de la CDG, le musée des Oudayas, Borj Addoumoue, à Salé, et le Fort Rottenburg.

 

 

 

 

Lors de la conférence de presse, organisée hier, lundi 11 mars 2019 au musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain (MMVI), et qui a été conjointement animée par Abdelaziz El Idrissi, directeur du MMVI, et Abdelkader Damani, ce dernier a affirmé qu’il s'apprête à convoquer, à Rabat, «le Parlement des écrivaines francophone».

 

Parmi les soixante femmes artistes qui seront célébrées lors de cette biennale, figure la cantatrice de tous les temps, Oum Kaltoum. «Nous allons reproduire une rétrospective de son passage à Rabat en 1968», a affirmé le commissaire. Parmi les autres femmes artistes, on dénombre la poétesse libanaise Eten Adnan, Ghada Amer, artiste peintre égyptienne, la cinéaste marocain Tala Hadid, la chorégraphe marocaine Bouchra Ouizguen, l'architecte norvégienne Manthey Kula et Julie Nioche, danseuse et chorégraphe française. Et comme nous sommes à Rabat, à proximité du grand théâtre conçu par Zaha Hadid, des dessins de cette architecte immortelle seront également exposés.

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De son côté, Abdelaziz El Idrissi, directeur du musée Mohammed VI d'Art Moderne et Contemporain (MMVI), a expliqué que cette biennale se «distinguera par la variété des œuvres et des artistes». Il a particulièrement insisté sur les différentes formes de créations concernées par cette biennale. «Il y aura des créations qui concernent la peinture, le cinéma, le livre». L'évènement est ouvert et riche, selon lui. «Nous vivrons, a-t-il ajouté, de grands moments pour célébrer l'art et la culture». Et d'ajouter qu'une commission artistique que préside le commissaire Abdelkader Damani communiquera, une fois les préparatifs achevés, la liste des participantes.

 

Tout porte à croire que cette première biennale sera un bouillon de culture, loin de l’immobilisme et des sentiers battus. A cet égard, il convient de louer le travail et les choix de la Fondation nationale des musées, présidée par Mehdi Qotbi, qui organise cet événement.

 

Dans le texte de présentation de cette biennale, Abdelkader Damani écrit : «“Il est de la nature même de tout nouveau commencement qu’il fasse irruption dans le monde comme une improbabilité infinie“ (H. Arendt). Dans sa volonté pluridisciplinaire, par l’engagement de son protocole – n’inviter que des artistes femmes – et sa géographie à l’échelle de la ville, nous souhaitons que cette Biennale soit une improbabilité infinie dans le monde de l’art afin de changer d’imaginaire pour espérer transformer le réel.»