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Jbara et Mohammed Ayouch, dans le clip Oudou Lwatankoum

Jbara et Mohammed Ayouch, dans le clip "Oudou Lwatankoum".

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Vidéo. "Oudou Lwatankoum": la chanson qui dénonce le sort des enfants-soldats enrôlés par le Polisario

Par Zineb Ibnouzahir (@ZinebIbnouzahir) le 05/02/2021 à 18h04 (mise à jour le 05/02/2021 à 18h49)

Fruit de la collaboration du célèbre chanteur Jbara et du musicien/youtubeur Mohamed Ayouch, cette nouvelle chanson porteuse d’un message fort, appelle au retour au pays des compatriotes retenus contre leur gré par le Polisario.

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C’est dans le sud marocain, dans la province d’Assa-Zag que Jbara et Mohamed Ayouch se sont donné rendez-vous pour tourner le clip de la chanson Oudou Lwatankoum (Revenez dans votre patrie).

 

Pourquoi à cet endroit en particulier? Parce que c’est précisément dans la province d’Assa-Zag, et précisément à Mahbes, que ce serait déroulé une guerre fictive inventée par les séparatistes à coups d’images bidon.

 

Il s’agit donc, grâce à la musique, de rétablir plusieurs vérités afin de contrer la propagande menée par le Polisario sur plusieurs fronts: à travers les fake news, l’enrôlement des enfants et enfin le détournement de la musique hassanie à des fins propagantistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les enfants-soldats du Polisario, un crime toujours pas puni

Le clip réalisé par Youssef Kamili raconte le parcours à travers le désert d’un enfant-soldat, enrôlé par le Polisario, et qui fuit l’endroit où il était détenu jusqu’à présent. Il entame un long chemin à travers le Sahara marocain et au milieu de sa quête d’une vie meilleure, fait la rencontre d’un groupe de musiciens marocains qui voyagent, libres, à travers leur pays. Avec eux, il découvre la beauté des paysages de ce pays qui est aussi le sien, dont on l’a privé, ainsi que la magie de la musique, lui qui n’a goûté à aucune joie de l’enfance et n’a eu que des armes à feu pour seuls jouets.

 

Pour Youssef Kamili, né d’une mère sahraouie, ce sujet le renvoie à sa propre histoire familiale et à ses souffrances. Car ce n’est que dans les années 1980 qu’il a fait la connaissance d’une partie de sa famille, qui a regagné la patrie après avoir été séquestrée de force à Tindouf. «J’ai vu les membres de ma famille pour la première fois et j’ai entendu les récits de leur emprisonnement, les tortures qu’ils ont subies, toutes les violences dont ils ont fait l’objet», explique-t-il douloureusement. Alors, quand Youssef Kamili entend parler du Polisario en tant que «République démocratique», celui-ci s’insurge et décrète: «Je connais bien cette mafia, dans sa vérité et ses atrocités».

 

Filmer un enfant soldat représentait ainsi un devoir, à l’heure où les vidéos d’enrôlement d’enfants dans les camps du Polisario foisonnent, faisant fi des lois internationales de protection de l’enfance. «Quand je vois les vidéos de ces enfants-soldats, je me dis que certains d’entre eux font peut-être partie de ma famille», poursuit le réalisateur.

 

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La musique hassanie, au cœur de la politique

Les paroles écrites par Mohamed Ayouch appellent, quant à elles, au retour au pays. L’artiste de musique hassanie, originaire de Guelmim et installé en Allemagne depuis 2008, adresse dans cette chanson un vibrant appel aux compatriotes retenus contre leur gré dans les camps de Tindouf.

 

«Reviens au pays (…) la terre du Maroc, ton père te l’a laissée (…) Libère-toi, libère ton esprit (…) Je ne veux pas te voir prisonnier (…) La terre de ta mère t’attend», chante-t-il ainsi accompagné de Jbara qui introduit la langue espagnole dans cette chanson patriote.

 

Pour Mohamed Ayouch, la chanson est un moyen de lutter contre la propagande du Polisario. Et pour cause, explique-t-il à Le360, «le Polisario se sert de la musique hassanie pour faire passer des messages politiques auprès de la jeunesse des provinces du sud du Maroc».

 

Pis, abonde Jbara, «ils ont des sponsors en Espagne, enregistrent dans des studios espagnols et peuvent s’assurer une très bonne qualité de son. Ce n’est pas le cas de tous les musiciens qui enregistrent au Maroc et qui n’ont pas les mêmes moyens». Alors pour contrer cette propagande qui s’insinue sournoisement par le biais de la musique, les trois artistes en conviennent, la musique hassanie doit retrouver ses lettres d’or côté marocain et ne pas faire de la politique sa seule thématique.

 

«Nous sommes marocains et le Sahara est marocain. C’est un fait incontestable», s’accordent ainsi Ayouch et Kamili pour qui ce sujet n’a pas lieu de faire débat. Mais pour contrer le Polisario qui, au détour d’une chanson d’amour ou de nostalgie du passé, introduit un message politique, «il faut donner à la jeunesse ce qu’elle veut entendre. Des chansons d’amour, des sujets qui la touchent, et ne pas toujours se servir de la musique hassanie pour faire passer des messages politiques», explique ainsi Mohamed Ayouch, bien déterminé à entreprendre un lifting de ce genre musical.