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Algérie. Planche à billets: la mise en garde du FMI

Par Ayoub Khattabi le 24/06/2018 à 17h43

Dans son dernier rapport mensuel, la Banque d’Algérie déclare avoir fait fonctionner la planche à billets jusqu’en mars dernier pour créer 3.585 milliards de dinars de monnaie, soit environ 26 milliards d’euros.

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L’Algérie, dont l‘économie a souffert de la chute des prix du pétrole, a été appelée par le Fonds monétaire international (FMI) à assainir les finances publiques et à mener des réformes structurelles. Dans son dernier rapport sur la situation économique en Algérie, le Fonds monétaire international (FMI) s’inquiète de certaines mesures de politique monétaire adoptées par les autorités algériennes afin de pallier les déséquilibres budgétaires.

 

L’institution de Bretton Woods demande formellement à Alger d’arrêter de financer le déficit budgétaire à travers des moyens non conventionnels, notamment la planche à billets (création par la Banque centrale de la monnaie papier sans aucune contrepartie économique réelle, pour ensuite la prêter au Trésor public). Le FMI recommande de mettre en place des politiques économiques alternatives en mesure de faire sortir le pays de la crise et de sa dépendance chronique aux recettes des hydrocarbures.

 

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Les autorités algériennes s’entêtent à frapper une monnaie qui ne leur appartient pas. Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a déclaré récemment, en réponse aux recommandations du FMI, que le choix d’Alger de recourir au financement non conventionnel pour couvrir une partie de ses dépenses était souverain, laissant entendre que l’objectif ultime du FMI serait de pousser l’Algérie à recourir à l’endettement extérieur. Chose à laquelle elle se refuse catégoriquement.

 

De même, les autorités algériennes se montrent convaincues que la planche à billets est moins risquée que le recours aux emprunts extérieurs, arguant que la Banque d’Algérie est en mesure de stériliser les liquidités injectées par le biais de ce mécanisme de financement et, par conséquent, de contenir l’inflation.

 

A noter que la décision de recourir à la planche à billets avait été introduite en septembre 2017, dans un contexte caractérisé par de graves difficultés financières liées à la chute des cours des hydrocarbures, à l’aggravation du déficit de la balance commerciale, ainsi qu’à la baisse des réserves de changes. A fin mars dernier, la planche à billets avait déjà créé l’équivalent de 30,5 milliards de dollars en monnaie nationale, soit le double de ce qui avait été prévu en 2017.