Analyse Loi de finances – EP8: ces «vaches à lait» du portefeuille public

DR

Les entreprises et établissements publics sont appelés à fournir plus d’effort afin de contribuer aux recettes ordinaires du budget 2021. Mais c’est loin d’être à la portée de tous les organismes.

Le 28/10/2020 à 11h30

On l’a vu précédemment, le département des Finances compte énormément sur le portefeuille public pour compenser en partie la baisse des recettes ordinaires. En 2021, les produits de monopoles, d'exploitations et des participations financières de l'Etat devraient rapporter au budget de l’Etat quelque 17,1 milliards de dirhams, soit quasiment le double du montant prévu en 2018.

Près de 8 milliards de dirhams devraient provenir de trois entreprises ou établissements publics. A leur tête vient, évidemment, la première société étatique du royaume, en l’occurrence l’OCP. La ligne budgétaire dédiée à cette société anonyme a disparu de la rubrique des «dividendes des sociétés à participation publique» du projet de loi de finances 2021. Mais à voir le chiffre conséquent des dividendes rapportés par des sociétés diverses (5,6 milliards), on peut conclure que la part de l’OCP a été intégrée dans cette ligne budgétaire où les prévisions se limitent, généralement, à moins de deux milliards. Pour la loi de finances 2020, le département tablait sur des dividendes en provenance de l’OCP de l’ordre de 3,6 milliards de dirhams. Un montant en hausse de 80%, par rapport aux versements effectués en 2018.

© Copyright : Le360

Le deuxième grand contribuable du portefeuille public n’est autre que l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie. Elle devrait verser en produits de monopoles et parts de bénéfices quelque 3,28 milliards de dirhams. C’est 100 millions de plus que ce qui était prévue dans la loi de finances initiale de 2020, avant que la loi rectificative ne ramène ce montant à 2,68 milliards.

Sur la troisième place du podium des organismes publics, on retrouve Bank Al-Maghrib. Le gardien du temple monétaire du Royaume est appelé à verser près de 1,2 milliard de dirhams entre dividendes et produits de monopoles. Il s’agit quasiment du double de l’effort fourni par l’institut d’émission en 2018, avec des transferts au profit de l’Etat de 715 millions de dirhams seulement.

Certaines entreprises et établissements publics de moindre envergure sont également invités à remonter plus de ressources au budget de l’Etat. A titre d’exemple, Tanger Med devrait quasiment tripler ses bénéfices par rapport au niveau 2018 pour les porter à 15 millions de dirhams. Mais pour la plupart des organismes étatiques, le département des Finances s’attend à un effondrement des dividendes. De la part du holding Al Omrane, l’Etat espère encaisser 62 millions de dirhams, soit 5 fois moins que la contribution de 2018. Quant à l’Office national des aéroports (ONDA), aucun dividende n’est prévu. Une prévision évidemment justifiée par le quasi-arrêt du trafic aérien.

© Copyright : Le360

Par Amine El Kadiri et Youssef El Harrak
Le 28/10/2020 à 11h30