Commerce extérieur: après la Turquie, la Tunisie traîne le Maroc devant l’OMC

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Revue de presseKiosque360. Récemment traîné devant l’OMC par la Turquie, le Maroc doit désormais faire avec une nouvelle procédure enclenchée par la Tunisie et qui concerne le dossier des cahiers scolaires.

Le 02/12/2018 à 21h04

Après la Turquie, c’est à la Tunisie que le Maroc devra faire face devant l’Organisation mondiale du commerce pour défendre ses intérêts. «Nous sommes déterminés à poursuivre la procédure. L’enquête anti-dumping contre les cahiers scolaires ne devait pas être ouverte», a déclaré le ministre tunisien du Commerce. C’est en tout cas ces propos que rapporte l’Economiste dans son édition du lundi 3 décembre qui ajoute, toujours de la bouche du ministre tunisien, «qu’il n’y avait ni dumping ni dommages».

En fait, c’est le département de cet officiel tunisien qui est à l’origine de la demande de consultation déposée à l’OMC en juillet dernier. A l’époque, il était encore question de trouver une solution à l’amiable avec le Maroc pour permettre aux exportateurs tunisiens de continuer à écouler tranquillement leurs produits dans le royaume. En vain.

D’après l’Economiste, les investigations menées côté marocain dans le cadre de l’enquête anti-dumping ont été clôturées en novembre courant. Elles devraient donner suite à la détermination d’une taxe anti-dumping dont la mise en œuvre sera officialisée par un arrêté ministériel.

Sauf que les opérateurs et le gouvernement tunisiens ne semblent pas d’accord. Et comme le rapporte le journal, ils devraient contester la position marocaine en réclamant, via une deuxième demande de consultation, un arbitrage international. Pour ce faire, les Tunisiens devraient recourir au même cabinet juridique genevois qui conseille la Turquie dans le dossier de l’acier que vient de perdre le Maroc, le royaume devant toutefois faire appel.

Dans son argumentaire, la Tunisie reconnaît être à l’origine de 90% des importations marocaines de cahiers scolaires. Sauf qu’elle nie tout dommage sur l’industrie marocaine. Elle brandit aussi le facteur prix, les cahiers tunisiens étant vendus plus chers que le produit local. Ces arguments avaient d’ailleurs déjà été présentés aux enquêteurs marocains en avril dernier mais il semblerait qu’ils n’aient pas suffi à empêcher l’application de taxe anti-dumping. L’OMC verra-t-elle les choses différemment? Réponse dans quelques mois.

Par Fayza Senhaji
Le 02/12/2018 à 21h04