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Coronavirus: le secteur textile sombre à nouveau

Par Fayçal Ismaili le 17/03/2020 à 17h59

Kiosque360. Les professionnels du textile et habillement tirent la sonnette d’alarme quant à une éventuelle faillite de ce secteur qui commençait à peine à voir le bout du tunnel, et ce après de longues années de léthargie.

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L’impact économique de la propagation du coronavirus à l’échelle nationale et internationale est de plus en plus visible, rapporte Aujourd’hui le Maroc dans son édition du 18 mars. Après le tourisme qui, depuis le début de la crise subit des annulations en cascade, le secteur du textile affiche également des symptômes inquiétants. Plusieurs unités de production se voient aujourd’hui menacées par ce virus qui ronge leur structure et affaiblit leur productivité. La performance affichée à l’export au titre du mois de janvier 2020 ne tardera pas à fléchir, au vu du déclin de la demande étrangère des suites de la situation sanitaire actuelle.

 

Les professionnels du textile et habillement tirent la sonnette d’alarme quant à une éventuelle faillite de ce secteur qui commençait à peine à voir le bout du tunnel, et ce après de longues années de léthargie.  En effet, les donneurs d’ordre européens sont en crise au point de fermer boutique. Une conjoncture qui aura de lourdes répercussions sur les textiliens nationaux. Ces derniers anticipent d’importantes annulations de commandes dans les jours qui viennent. «La situation est plus que grave chez nous. C’est compliqué à gérer, certes, mais nous devons prendre des décisions en toute sérénité», nous confie Mohamed Boubouh, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith). La dépendance du partenaire européen met le textile marocain en péril. L’essentiel des exportations du textile et habillement va au marché européen.

 

Les professionnels nationaux comptent pour client le géant espagnol «Inditex», ainsi que plusieurs opérateurs français. De par sa taille et sa structure, l’unique client espagnol jouit d’une bonne assise financière. Cependant, les partenaires français ont toujours montré une petite santé. «Les clients français souffraient bien avant l’arrivée du coronavirus. Je vous laisse imaginer leur état après cette crise. Certainement plus que catastrophique!», souligne M. Boubouh. Malgré l’optimisme des acteurs marocains, la situation est totalement floue dans le secteur. Les unités de production ne tarderont pas à baisser le rideau. Elles disposent seulement de 3 à 10 jours pour finaliser leurs commandes. Une fois ce cap franchi, la machine risque de s’arrêter. Pour contenir cette situation, l’Amith œuvre de concert avec la tutelle en vue de définir les mécanismes d’assurance à mettre en place. «Nous n’avons aucune assurance ni de visibilité sur la santé de nos partenaires, en particulier les Français, qui est sûrement désastreuse», relève M. Boubouh.