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Ghassane Benchekroun, co-fondateur du think tank Al Mountada

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Fisc360, Ep15. Ghassane Benchekroun: «les anomalies fiscales sont légion»

Par Wadie El Mouden et Khadija Sebbar le 02/05/2019 à 11h30

Invité de ce 15e épisode de votre série de capsules «Assises de la fiscalité: un jour, une proposition», Ghassane Benchekroun, cofondateur du think tank Al Mountada, appelle à lutter contre les zones de «non droit» qui échappent à l’impôt, au vu et au su des autorités.

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Ghassane Benchekroun, cofondateur du think tank Al Mountada, estime que la fiscalité ne doit pas se cantonner à un cahier revendicatif, mais plutôt découler de la vision novatrice qui va accompagner le nouveau modèle de développement.

 

Le modèle actuel de croissance, basé sur la demande intérieure, permet de générer, bon an mal an, une croissance autour de 3%, un niveau insuffisant pour résorber le chômage et réduire les inégalités, constate-t-il.

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Finalement, déduit celui qui est le cofondateur du think tank Al Mountada, les politiques publiques visant à relancer la consommation servent surtout à subventionner les entreprises étrangères.

 

«Les Accords de libre-échange poussent les ménages à consommer de plus en plus de produits en provenance de l’étranger et, par conséquent, aggravent davantage le déficit commercial», explique Benchekroun. La solution passe par l’industrialisation, en substitution aux importations, une approche qui a déjà fait ses preuves dans d’autres pays, la Corée du Sud et la Turquie, entre autres, explique-t-il.

 

 

Le think tank Al Mountada veut une fiscalité incitative en faveur des facteurs de production (le travail et le capital) et appelle à prendre des mesures chocs, en particulier une baisse de l’Impôt sur les sociétés et de l’Impôt sur le revenu.

 

Il y a lieu, insiste Benchekroun, de s’attaquer aux zones de non droit qui échappent à toute imposition, au vu et au su de tous. Il cite, à titre d’exemple, les usines informelles qui fleurissent sur le territoire de la commune de Tit Mellil, dans la banlieue de Casablanca. 

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Le think tank Al Mountada joint ainsi sa voix à celles entendues récemment (auprès des membres de la CGEM, du Cercle des fiscalistes) et réclame une déduction du revenu imposable des frais de scolarité auprès du secteur privé. Cette déductibilité peut être étendue aux dépenses de santé non prises en charge par le système de couverture, renchérit Benchekroun.

 

L’invité de Fisc360 veut en finir avec certaines aberrations d’ordre fiscal, et illustre ses propos par le cas du sucre, qui reste soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), contrairement aux métaux précieux comme l'or lesquels, bien qu’ils constituent une source de thésaurisation, sont exonérés de TVA!