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Hydrocarbures: une libéralisation, vraiment?

Par Sanae El Asrawi le 02/12/2015 à 00h03 (mise à jour le 02/12/2015 à 00h49)

Kiosque360. La libéralisation du prix des hydrocarbures a officiellement débuté le 1er décembre. Or, pour l'instant, les légères petites variations entre les enseignes laisseraient presque soupçonner une petite entente entre elles. S’il n'en est rien, une flambée des prix reste à craindre.

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Concernant la libéralisation des hydrocarbures, L'Economiste, dans son édition du 2 décembre, n'y va pas de main morte et évoque carrément “une vraie-fausse libéralisation” qui serait, en réalité, une “façon de faire passer la pilule”.

Pourquoi un constat si sévère? Depuis le 1er décembre, la tendance observée des prix à la pompe est globalement à la baisse sur les deux types de carburants, à quelques exceptions près. Sur le marché casablancais, par exemple, les enseignes semblent avoir voulu éviter aux consommateurs l'électrochoc d'une brusque hausse des tarifs. Le litre du Super s’est échangé entre 9,27 DH chez Winxo et Petrom et 9,53 DH sur les afficheurs électroniques des stations Total. Ce tarif passe à 9,38 DH chez Shell et 9,28 DH chez Afriquia. Pour le gasoil, le litre variait entre 7,76 DH chez les deux premières enseignes citées et 8 DH chez Total. Dans la frange intermédiaire, se situe Afriquia avec 7,77 DH sur ses afficheurs, 7,76 DH et 7,87 DH sur les totems Shell. Dans les villes intérieures, les évolutions sont similaires, légèrement majorées des frais de transport et autres charges logistiques intégrées dans le prix final.

 

A priori, la faiblesse des écarts entre le positionnement des prix des différentes enseignes reste frappante et laisse donc planer un soupçon sur une éventuelle entente. Un soupçon qui explique le scepticisme de L'Economiste. Mais “ce sont des variations normales. Elles s'expriment certes en quelques centimes mais cela représente beaucoup à l'échelle du marché national”, se défend Adil Ziady, président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Selon lui, le maintien de cette tendance est à attribuer aux évolutions du cours du baril et du dollar. “Tout dépendra de ces deux facteurs”, souligne encore le patron des pétroliers. Tant mieux si le consommateur profite d'un prix du baril en fort recul, mais rien ne garantit qu’il pourra bénéficier longtemps de cet avantage.

 

Jusque-là, le gouvernement a eu bonne fortune. Le lancement d'une libéralisation en pleine conjoncture de flambée des prix aurait été une pilule très amère à avaler pour le consommateur. L'éventualité d'une flambée du prix du baril est d'ailleurs déjà soulevée par des experts et plateformes d'analyse, ainsi que par l'Union Constitutionnelle (UC). La formation politique monte d'ailleurs déjà au créneau et appelle le gouvernement à “identifier dès maintenant les outils de régulation prévus en cas d'augmentation des prix à des niveaux insupportables par le pouvoir d'achat marocain, et en préciser les modalités budgétaires, qui ne semblent pas avoir été prévues dans la loi de finances 2016”.

 

Du côté des opérateurs, l'on se prépare au pire. Le haut risque de volatilité des prix est à prendre très au sérieux dans le contexte géopolitique actuel au sein des zones de production.