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Le secteur informel à l'origine de la baisse du chômage?

Par Bouthaina Azami (Twitter) le 21/11/2014 à 00h15 (mise à jour le 21/11/2014 à 06h45)

Kiosque360. Le taux de chômage a baissé, affichant un recul de 4 points sur une décennie. Le développement du secteur informel en serait l'un des moteurs.

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Le taux de chômage a baissé, affichant un recul de 4 points sur une décennie, souligne la Vie Eco dans son édition de vendredi 21 novembre. Cette baisse n’est cependant pas imputable à la croissance qui «ne crée pas suffisamment d’emplois», souligne le quotidien, précisant que, entre 2000 er 2013, 137.000 emplois ont été créés annuellement pour 180.000 nouveaux arrivés sur le marché du travail. Comment donc expliquer, avec un tel écart à combler, la baisse du chômage?

 

Le secteur informel à la rescousse?

Le taux de chômage est passé de 13,4% en 2000 à 9,2% en 2013. Les raisons?  La Vie Eco en relève deux. Tout d’abord, le recul du travail des femmes dont le taux de participation à la vie active est passé de 28,1% en 2000 à 25% en 2013, note le journal.  Hormis ce recul de l’activité féminine qui libère des emplois, le chômage a surtout baissé grâce au -ou à cause du- secteur informel, selon une étude menée par le ministère des Finances et des Affaires sociales. Un bien ou un mal? Une bonne question à se poser. Car, si ce secteur crée de l’emploi, il offre aussi des conditions de travail litigieuses pour venir combler le déficit du marché, ce qui lui permet donc d’imposer ses propres règles. «De plus en plus de travailleurs se réfugient dans le secteur informel, avec des revenus plus faibles, des emplois plus vulnérables et moins protégés», rapporte en effet l'hebdomadaire. Le secteur informel: «un secteur refuge», donc, qui s’est développé sur une carence, l’offre d’emplois dans le secteur public ne cessant de baisser et le marché privé ne pouvant répondre à la demande croissante.

 

Moins de chômage, plus de précarité

Le secteur informel s’est d’ailleurs développé au point de représenter, en 2013, 14% du PIB, soit 122,2 milliards de DH, souligne La Vie Eco, ajoutant qu’«il fournit 37% des emplois non agricoles», les régions rurales étant les plus touchées par ce phénomène qui n’offre aucune sécurité sociale, par-delà la faible rémunération. Or, le renforcement de ce secteur est un indicateur de mauvaise santé du marché de l’emploi. Une mauvaise santé que la croissance ne suffit pas manifestement pas à combler.