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Mohamed El Kettani, PDG du groupe Attijariwafa Bank et vice-président du GPBM 

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Les statistiques du GPBM sur le secteur bancaire

Par Wadie El Mouden le 05/11/2019 à 13h32 (mise à jour le 05/11/2019 à 19h31)

Intervenant en sa qualité de vice-président délégué du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Mohamed El Kettani invite à mieux cerner la problématique du financement en se référant aux dernières statistiques de l’activité bancaire. Les détails.

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«La profession bancaire a été toujours mobilisée derrière l’entreprise», a tenu à souligner le président du groupe Attijariwafa bank, Mohamed El Kettani qui s’exprimait, lundi, lors d’une rencontre sur le PLF 2020, organisée par la CGEM, en présence des deux ministres des Finances et de l’Intérieur.

 

Intervenant en sa qualité de vice-président délégué du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), El Kettani invite à mieux cerner la problématique du financement en se référant aux dernières statistiques de l’activité bancaire.

 

A fin septembre 2019, l’encours des dépôts collectés par les banques culmine à 864 milliards de dirhams dont 819 milliards déjà consommés et distribués à la clientèle, soit un taux de transformation de dépôts en crédits de 95%. «C’est l’un des ratios les plus élevés en Afrique et dans la région MENA, sachant que 24% des crédits sont alloués aux TPME, contre 16% au Liban, 15% en Tunisie et 10% en Jordanie selon une récente étude de la SFI», ajoute El Kettani.

 

Autre chiffre à retenir, le taux de «contentialité» atteint 7,9%, soit l’équivalent de 65 milliards de dirhams de créances en souffrance immobilisées auprès des entreprises en difficultés. «Si on additionne les crédits qui se sont transformés en actifs immobiliers (dations), le taux de sinistralité frôle les 10%. En principe, les banques doivent commencer à s’inquiéter dès que ce ratio atteint le seuil de 2%», poursuit le numéro 2 du GPBM, remettant en cause les critiques reprochant au secteur bancaire une certaine «frilosité» à l’égard de l’entreprise. Au contraire, assure-t-il, les banques sont fortement engagées dans le financement de l’économie.


El Kettani pointe également du doigt la lenteur de la rotation de l’argent (passant de 3 à 7 ans en quelques années). «L’argent ne tourne pas à une vitesse économique suffisante pour permettre une implication très forte du secteur bancaire derrière la TPME. Les fonds propres étant limités, nous collectons des dépôts qui ont une maturité inférieure à six mois alors que nous plaçons l’argent sur des maturités pouvant atteindre quinze ans, comme c’est le cas lorsqu’il s’agit de financer des opérations hôtelières ou minières», explique le vice-président du GPBM.


Par ailleurs, El Kettani attire l’attention sur l’explosion de la monnaie fiduciaire (cash) ces deux dernières années (un surplus de 17 milliards de dirhams rien que depuis l’année 2019). Selon lui, la mesure introduite dans le PLF 2020, incitant les contribuables à déposer ce cash auprès des banques en contrepartie d’une contribution libératoire, serait de nature à permettre de réanimer la machine du financement, estime le GPBM.

 

S’agissant enfin de la start-up, là encore, le vice-président de la CGEM soutient  que le financement de ce type de structures relève des investisseurs institutionnels, des business angels, etc. « Malheureusement, ce marché est quasiment inexistant chez nous. Les banques commerciales ne peuvent pas se permettre de se servir des dépôts des clients pour financer les start up», affirme le porte-parole du GPBM.