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Les taux d'intérêt risquent-ils de repartir à la hausse?

Par Rachid Al Arbi le 20/05/2020 à 21h24

Kiosque360. Les taux d'intérêt pourraient repartir à la hausse. Le financement de la dégradation inévitable du déficit budgétaire risque, en effet, d'induire une stimulation des taux de référence.

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En raison de la pandémie que nous vivons, les principales institutions du pays prévoient un dérapage des finances publiques et, notamment, du déficit budgétaire, rapporte L’Economiste dans son édition du 21 mai. L’ampleur de l’impact du Covid-19 sera connue à travers la loi de Finances rectificative. Le journal, qui se base sur les projections de CFG Bank, «anticipe un déficit budgétaire à 7,5% du PIB», à condition que le gouvernement maintienne l'investissement public à 70 milliards de dirhams, parvienne à mobiliser les 12 milliards de dirhams au titre des nouveaux mécanismes de financement et réalise 3 milliards de dirhams de recettes de privatisation. Le quotidien estime que la situation des finances publiques pourrait être bien plus difficile si les prévisions de recettes ne sont pas au rendez-vous.


Selon L’Economiste, pour financer le déficit, «le Trésor pourrait accélérer ses levées sur le marché domestique, avec le risque de faire monter les taux». Et «si l'activité du Trésor devait entraîner une hausse des taux, la Banque centrale pourrait déployer de nouvelles mesures pour la contenir». Le journal parle de mesures non conventionnelles pour contrecarrer la hausse des taux obligataires, comme l'assouplissement quantitatif et les opérations d'open market. Et ce n’est pas tout, puisque «Bank Al-Maghrib pourrait procéder à des rachats massifs de titres de dettes auprès des acteurs financiers, sur les marchés secondaires des bons du Trésor et des obligations d'entreprise». Objectif: permettre aux investisseurs institutionnels d’augmenter leurs souscriptions dans le marché primaire. C’est ainsi que ces «rachats massifs feraient monter les cours pour tirer les taux d'intérêt dans le sens inverse».

 

Il faut dire que les taux obligataires servent de référence au calcul des taux débiteurs. «Un loyer de l'argent compétitif sera nécessaire pour soutenir la relance», estime L’Economiste qui doute que les statuts de la Banque centrale lui permettent ce type d'opérations. Et de rappeler l'article 69 des statuts de Bank Al-Maghrib qui stipule que «la Banque ne peut se porter garante d'engagements contractés par l'Etat, acquérir directement des titres de créance ou des Sukuk qu'il émet ou lui consentir des concours financiers, si ce n'est sous forme de facilité de caisse».