ODD: le compte n’est pas bon pour Driss Jettou

Driss Jettou, président de la Cour des comptes.

Driss Jettou, président de la Cour des comptes. . DR

La Cour des comptes a recommandé, dans son récent rapport thématique sur l'état de préparation du Maroc pour la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) 2015-2030, d’établir une stratégie nationale de sensibilisation et de communication adaptée à tous les niveaux.

Le 20/02/2019 à 13h13

Cette stratégie permettrait d’assurer une implication effective et l’appropriation des ODD par les parties prenantes, a précisé la Cour des comptes dans son rapport, appelant à élargir les consultations réalisées avec l’ensemble des intervenants au niveau national, régional et local.

Elle a, en outre, souligné l’importance de la mise en place d’une instance et d’un dispositif impliquant et fédérant les différentes parties prenantes, pour assurer la coordination, le suivi et le reporting de la mise en œuvre du Programme 2030 relatif aux ODD.

Il s’agit également de procéder à la formalisation et à la diffusion des résultats des travaux de contextualisation et de priorisation des objectifs de développement durable et de veiller à la répartition des rôles et des responsabilités aux niveaux national et local pour la réalisation de ces objectifs, ajoute la même source.

Parallèlement, la Cour des comptes préconise l’activation des travaux de convergence et de mise en cohérence de la stratégie nationale du développement durable et des stratégies sectorielles et le plan national à retenir pour la mise en œuvre des ODD.

Elle appelle aussi à établir et valider les plans d’actions détaillés qui définissent les modalités, les échéances, les intervenants et les modes de financement nécessaires pour la mise en œuvre de ces objectifs ainsi qu'à veiller, dans ce cadre, à la prise en considération des initiatives entreprises par certains départements ministériels et d’autres partenaires.

Au volet des statistiques, cette instance recommande d’activer le processus d’actualisation, de mise à niveau ou de réforme du cadre légal, réglementaire et institutionnel du système statistique national, ainsi que de renforcer le rôle du comité de coordination des études statistiques (COCOES) et d’inciter les parties prenantes à respecter les prérogatives assignées à ce Comité en vue de dépasser les approches sectorielles cloisonnées de collecte et de production des statistiques, notamment celles relatives aux ODD.

Il est également question d’activer le processus d’établissement, d’adaptation au contexte national et d’enrichissement des cibles et des indicateurs relatifs aux objectifs de développement durable et de leurs valeurs de références et de veiller à la capitalisation des efforts entrepris par certaines parties prenantes dans ce domaine.

Le rapport a permis de constater que le Maroc s’est engagé de manière claire pour mettre en œuvre le Programme 2030 et dispose d’un cadre constitutionnel et législatif favorable pour accomplir ces objectifs.

En effet, l’organisation en 2016 d’une consultation nationale sur la contextualisation du Programme 2030 a permis d’initier le débat entre plusieurs acteurs concernés par la mise en œuvre des ODD, a fait savoir la même source, relevant , cependant, que cette consultation n’a pas été suivie de mesures concrètes pour mettre en œuvre ses recommandations.

A cet égard, a poursuivi la Cour des comptes, le niveau d’appropriation des objectifs par les citoyens et par les parties prenantes reste peu satisfaisant, notant que cette situation résulte de l’absence à la fois d’un cadre de coordination et de suivi qui fédère et harmonise les actions entreprises par les différentes parties prenantes.

Elle a souligné ainsi que le retard dans la mise en place d’un cadre de coordination et de suivi pour la mise en œuvre du Programme 2030 a eu comme conséquence la faible implication et le défaut de concertation des parties prenantes autour des ODD.

Cela s’est traduit par une insuffisance de répartition des rôles et des responsabilités, l’absence d’un plan national qui définit les priorités nationales en matière de ces objectifs ainsi que les plans d’actions détaillés qui définissent les modalités, les échéances, les intervenants et les modes de financement des ODD, a relevé la Cour des comptes.

Par ailleurs, elle a noté le rythme lent des travaux de convergence, d’alignement et de mise en cohérence de la stratégie nationale du développement durable (SNDD) et des stratégies sectorielles avec les objectifs de développement durable.

D’ailleurs, la mise en œuvre de la SNDD soulève des insuffisances liées à son appropriation et à l’existence de discordances entre les parties prenantes sur le cadre adéquat pour arrêter ses projets et actions prioritaires et pour son alignement sur les objectifs de développement durable.

Le 20/02/2019 à 13h13