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Plan de relance: risque de bulles inflationnistes

Par Amine Kadiri le 14/01/2021 à 14h52

L’injection dans l’économie nationale de 120 milliards de dirhams par l’Etat pourrait générer, à moyen et long terme, un renchérissement des prix de certaines catégories d’actifs, comme l’habitat et les services (en particulier l'éducation et la santé). Voici une synthèse d’une note signée des analystes de CDG Capital.

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L’injection dans l’économie nationale de 120 milliards de dirhams par l’Etat, dans le cadre du Pacte national pour la relance économique et l’emploi, est-elle de nature à nourrir des pressions inflationnistes? Les économistes de CDG Capital estiment que non, du moins à court terme.

 

«Le Pacte national pour la relance économique et l'emploi de 120 milliards de dirhams aura peu d'impact sur l'inflation, particulièrement sur le court terme», souligne en effet CDG Capital, dans une note d’analyse récente intitulée «Impacts macro-économiques du Pacte national pour la relance économique et l'emploi de 120 milliards de dirhams».

 

Dans leurs argumentaires, les experts de CDG Capital rappellent que le comportement de l’inflation par rapport aux impulsions monétaires dépend de deux principaux facteurs: d’une part, la composition du panier qui reflète le mode de consommation de la population cible, notamment la population urbaine pour le cas du Maroc et, d’autre part, la confrontation offre/demande et son évolution à moyen terme. Concernant ce dernier point, la note d'analyse de CDG Capital souligne que le potentiel de production dépasse le niveau de la demande.

 

Pour ce qui est du premier point, l’évolution de l’inflation au Maroc, suivie par l’Indice des prix à la consommation (IPC), dépend dans une large mesure du comportement de la composante alimentaire, aussi bien de par son poids prépondérant dans la structure du panier (44,8%) que de sa volatilité tributaire des résultats de la campagne agricole.

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Par conséquent, l’inflation est plus exposée, sur le court terme, à des chocs d’offre alimentaire qu’à la demande ou bien à une impulsion monétaire, souligne-t-on. Ainsi, l’ensemble des facteurs déterminants de la consommation intérieure seraient toujours impactés par la crise en 2021, notamment la hausse prévue du chômage, et la lenteur de la reprise des crédits à la consommation.

 

La conjonction de ces éléments oriente, par conséquent, vers un scénario qui exclut une surchauffe des prix émanant de la confrontation offre/demande.

 

Toutefois, à moyen terme, des pressions inflationnistes sur certains actifs ne sont pas à exclure. En effet, selon CDG capital, la stimulation de la distribution des crédits, associée à des niveaux bas des taux débiteurs, pourrait générer une hausse des prix de certaines composantes de l’inflation non alimentaire, notamment l’habitat et les services, particulièrement ceux liés aux secteurs de l’éducation et de la santé.

 

«L’orientation expansionniste de la politique monétaire pourrait ainsi générer, à moyen/long terme, un renchérissement des prix de certaines catégories d’actifs, particulièrement immobiliers, et ce suite à une reprise de la demande sur cette catégorie de biens et un assouplissement des taux de crédit», estiment les analystes de CDG Capital.

 

Néanmoins, ces pressions inflationnistes à moyen/long terme ne devraient avoir qu’un impact limité sur l’inflation globale, compte tenu de la structure du panier de l’IPC. En effet, selon le HCP, les dépenses liées au logement ne représentent que 14% de l’IPC (6% pour l’enseignement et 5,5% pour la santé).