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Salaires dans la fonction publique: le Maroc vit au-dessus de ses moyens

Par Younès Tantaoui le 21/11/2017 à 09h34 (mise à jour le 21/11/2017 à 11h32)

Avec le niveau actuel des salaires dans la fonction publique, le Maroc présente non seulement des ratios supérieurs à des pays comme la France ou l'Espagne, mais vit surtout au-dessus de ses réels moyens.

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C’est un véritable cliché que fait sauter la Cour des comptes dans son dernier rapport sur la fonction publique. Exception faite des avantages sociaux, beaucoup croyaient jusque-là que les fonctionnaires étaient moins bien payés que les salariés du privé. Et bien, il n’en est rien.

 

Dans son rapport, la Cour présidée par Driss Jettou relève que dans la fonction publique, le salaire mensuel net moyen a atteint 7.700 dirhams (DH) en 2016, avec une évolution de 51,6% par rapport à 2006. Le salaire net minimum s’élève à 3.000 dirhams, marquant une évolution de 89,2% par rapport à 2007. «Ces niveaux élevés sont de loin supérieurs aux moyennes du secteur privé où, en 2015, le salaire mensuel net moyen a atteint 4.932 dirhams et le salaire minimum s’élève à 2.568 dirhams», peut-on lire dans le rapport.

 

Le niveau des salaires dans la fonction publique au Maroc est également plus élevé que dans d’autres pays, notamment européens. A titre d’exemple, alors que le salaire net moyen des fonctionnaires représente 3 fois le PIB (produit intérieur brut) par habitant au Maroc, il n’est que de 1,2 fois et 1 fois le PIB par habitant en France et en Espagne. «Le niveau élevé du salaire moyen au Maroc s’explique, certes, par la faiblesse du PIB marocain comparativement à ceux des pays cités en référence, mais également, par les multiples revalorisations des salaires décidées dans le cadre du dialogue social», explique la Cour des comptes dans son rapport.

 

Il faut dire que sur la période entre 2008 et 2016 par exemple, la masse salariale de la fonction publique a augmenté de 59,2% alors que la progression des effectifs des fonctionnaires civils n’a été que de 9% sur la période. Cette forte progression découle surtout des niveaux de rémunération qui ont augmenté sous l’effet des promotions de grade et d’échelon, en plus des différentes décisions de revalorisation salariale qui étaient souvent prises en réponse à des situations conjoncturelles exceptionnelles.

 

«Le résultat est que le Maroc s’offre une fonction publique qui dépasse les moyens de son économie», conclut la Cour des comptes. Ceci est d’autant plus problématique que l’amélioration substantielle des revenus des fonctionnaires ne se traduit pas par une amélioration de la perception de l’administration chez le citoyen.

Voici par ailleurs une synthèse du rapport de la Cour des comptes.