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Vers une réduction des coûts de transfert des MRE en France

Par Rachid Al Arbi le 12/01/2022 à 23h35 (mise à jour le 13/01/2022 à 00h49)

Kiosque 360. Le gouvernement français veut réduire les coûts de transaction des envois de fonds effectués par les personnes résidant en France. Il vient d'introduire un texte de loi au Parlement. Quelles conséquences pour les transferts de fonds des MRE? Cet article est une revue de presse tirée du journal Les Inspirations Eco.

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«Des signaux positifs, en faveur de la réduction des coûts de transaction des transferts de fonds des MRE, vont-ils venir de France?», s’interroge Les Inspirations ÉCO dans son édition du 13 janvier. Le journal rapporte que le gouvernement français a récemment remis au Parlement son rapport "sur les modalités de réduction des coûts de transaction des envois de fonds effectués par des personnes résidant en France vers des personnes résidant dans des Etats éligibles à l'aide publique au développement".

 

Il s'agit, selon un expert cité par le quotidien, d'un rapport qui rappelle l’un des 17 objectifs pour sauver le monde, énoncés par les Nations Unies dans le cadre du rapport intitulé "Objectif de développement durable n°10 - réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre". Or, selon lui «la définition de cet objectif ne manque pas de surprendre», notamment son objectif de «faire baisser, d’ici à 2030, au-dessous de 3%, les coûts de transaction des envois de fonds effectués par les migrants et d'éliminer les couloirs de transfert de fonds dont les coûts sont supérieurs à 5%».

 

Mais, si la réduction du coût des transferts est une louable ambition, il n’est pas certain que tous les moyens soient bons pour y parvenir. L’élimination des couloirs de transfert de fonds dont les coûts sont supérieurs à 5% reviendrait, d’après le journal, à interdire l’activité de transfert de fonds lorsque, pour des raisons qui ne sont pas forcément mercantiles, la facturation d’un service de transfert excède 5% du montant transféré. Il va même plus loin estimant que «les effets d’une telle mesure seraient désastreux avec la privation des pays et familles récipiendaires de fonds dont le transfert serait ainsi interdit». Cela aurait même un effet inverse allant jusqu’au «développement exponentiel des transferts occultes dont le montant serait déjà équivalent aux transferts officiels, et ce, au détriment de la lutte contre le financement du terrorisme et du blanchiment d’argent».

 

Le journal assure que le rapport sur la réduction des frais des transferts est exigé par la loi relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales. Il révèle que le trend haussier des transferts de MRE impose le suivi rapproché de ce sujet. En effet, les transferts en devises des MRE maintiennent leur trend haussier depuis le début de la crise sanitaire, même si cette tendance devrait légèrement se contracter dans les années à venir pour revenir au rythme tendanciel d'avant-crise, enregistrant une contraction de 23,2% à 72,8 milliards de dirhams en 2022 et de 1,9% à 71,4 milliards de dirhams en 2023.

 

En attendant, ils ont frôlé les 100 milliards de dirhams l'an dernier. Ceci étant, le quotidien est convaincu que ces montants resteront importants. D'où l'intérêt de suivre de près ce sujet, notamment en France, pays duquel proviennent 10% des fonds transférés par les MRE, après l'Arabie saoudite (12%) et les États-Unis (14%) annonce-t-il, affirmant que pour tirer encore plus bas le coût des transactions, BAM a décidé d’arracher le monopole de ces services à Western-Union, Moneygram… mais sans grands effets.

 

Les banques ont-elles aussi été mises à contribution? Même si les tarifs au Maroc sont les moins élevés de la région, il a été demandé aux banques de les réduire davantage. «Maintenant que le G20 a repris à son compte le problème, une pression supplémentaire s’exerce sur ces mastodontes», soutient Les Inspirations ÉCO.