Vidéo. Aéroport Mohammed V. Grève des bagagistes de RAM Handling: le coup de gueule de l'UMT

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Les travailleurs au sol affiliés à l’UMT observent, depuis 6h00 ce matin, une grève de 24 heures renouvelable, ce mardi 1er octobre 2019. Le point avec Noureddine Soulaik, membre du secrétariat national de l’UMT.

Le 01/10/2019 à 14h31

Avec un taux de participation dépassant les 90%, la grève des employés de GPI (sous-traitant de RAM Handling) a été une réussite, à en croire le secrétaire général du syndicat des travailleurs au sol à l’aéroport Mohammed V, Younes Rafii. Des centaines de bagagistes se sont donnés rendez-vous ce matin devant le siège de l’Union marocaine du travail (UMT). Interrogé par Le360, Noureddine Soulaik, secrétaire général adjoint et membre du secrétariat national de l'UMT explique les tenants et aboutissants de ce dossier qui défraie la chronique aéroportuaire depuis plusieurs mois.

La colère des bagagistes est enclenchée depuis le mois d’avril dernier, et avait été suivie d’une longue série de négociations, en présence du gouverneur de la Préfecture de Nouaceur. Résultat: un Pacte social a été signé le 25 juin 2019.

Les choses se sont ensuite stabilisées au sein de l’aéroport Mohammed V.

«En période de pointe, le secrétariat national a été été sollicité pour inciter les employés à apporter du renfort. Les travailleurs ont beaucoup sacrifié pour répondre à la forte demande l’été dernier», soutient Soulaik.

Le conflit social opposant GPI à ses employés a connu un nouveau rebondissement suite à l’entrée en scène du ministère de l’Intérieur.

Ce dernier a confié le dossier au wali Khalid Zerouali, appuyé par un gouverneur de l’administration centrale, Mohammed Zhar. Au bout de plusieurs nouveaux rounds de négociations, deux décisions majeures ont été actées. La programmation du travail, qui était jusqu’ici du ressort des bagagistes syndicalistes, a été remise entre les mains de RAM Handling. Un système de pointage a également été mis en place.

Les employés étaient prêts à «lâcher» la programmation, mais à condition de respecter le cahier des charges et de préserver leurs droits acquis, explique Soulaik. Environ 100 employés occupant des postes d’encadrement (chefs de services, contrôleurs, superviseurs, etc.), sont directement impactés par le nouveau dispositif de programmation, opérationnel depuis le vendredi 20 septembre dernier.

Le syndicat voit dans ce nouveau dispositif une dégradation de la situation financière des employés encadrants qui, pis encore, vont devenir de simples bagagistes, avec ce que cela implique en terme de pénibilité pour les plus âgés d’entre eux. Du côté de RAM Handling, on estime que ces postes de responsabilité étaient plutôt une source de rente, pour les dirigeants du mouvement syndical.

A travers leur mouvement de grève de ce mardi 1er octobre, les bagagistes dénoncent les «attaques de vengeance» contre les leaders de leur mouvement syndical qui, in fine, visent uniquement le chaînon faible entre l’ensemble des intervenants à l’aéroport Mohammed V.

Dans un communiqué publié ce matin, l’Office national des aéroports (ONDA) a affirmé que toutes les mesures nécessaires ont été déployées, en partenariat avec RAM Handling et RAM, pour assurer une activité normale du service de tri, de chargement, de déchargement et de livraison des bagages», poursuit la même source. «Aucun n’impact n’est enregistré sur les opérations d’exploitation de l’aéroport et de traitement des passagers et de leur bagages», a tenu à rassurer l’ONDA dans son communiqué.

«L’ONDA est l’un des signataires du Pacte social du 25 juin. Il aurait dû se retirer du Pacte, sinon au moins inciter les autres signataires à respecter leurs engagements et à veiller à la bonne exécution des clauses du Pacte». 

Il convient enfin de rappeler que plus de 200 collaborateurs volontaires de Royal Air Maroc ont été mobilisés et formés voici déjà plusieurs semaines pour assurer la continuité du traitement des bagages à l'aéroport Mohammed V. «C’est une violation du Code du travail, lequel interdit de remplacer les salariés grèvistes par de nouveaux recrutements», estime le secrétaire général adjoint de l’UMT.

Par Wadie El Mouden et Khadija Sebbar
Le 01/10/2019 à 14h31