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cover: Grand Format-Le360. Entretien exclusif avec Mohamed Benchaaboun
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Vidéo. Grand Format: Mohamed Benchaaboun s'explique sur le plan de sauvetage de l'économie marocaine

Par Wadie El Mouden le 15/01/2021 à 20h01 (mise à jour le 16/01/2021 à 23h26)

Serein, mais prudent, le ministre des Finances, Mohamed Benchaaboun, entrevoit l’espoir en 2021 pour l’économie marocaine. Invité de l’émission Grand Format-Le360, il revient sur le bilan de l’année 2020 et dévoile les contours du plan de relance à 120 milliards de dirhams, annoncé dans le discours du Trône.

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La crise sanitaire du Covid-19 s’est traduite par une récession économique sans précédent. Avec un déficit budgétaire frôlant 7,5% du PIB et un taux d’endettement s’élevant à 76% du PIB, les réalisations de l’année 2020 sont globalement en ligne avec la loi de finances rectificative, souligne d’emblée Mohamed Benchaaboun.

 

Invité à faire le point de la situation du Fonds spécial Covid-19, le ministre des Finances fait état d’un total recettes de plus de 34 milliards de dirhams et d’une dépense globale d’un peu plus de 29 milliards de dirhams. «Il reste encore 5,3 milliards de dirhams», précise-t-il.

 

Lors de son passage dans l’émission Grand Format-Le360, Benchaaboun s’est longuement arrêté sur le plan de relance post-Covid, pour lequel une enveloppe de 120 milliards de dirhams sera mobilisée, conformément aux orientations du Souverain, dont 45 milliards de dirham à travers le Fonds Mohammed VI pour l’investissement.

Vidéo. Discours du Trône. Le roi Mohammed VI: 120 milliards de dirhams pour relancer l’économie nationale

 

Le processus législatif précédant la création du fonds souverain marocain poursuit son chemin, un texte de loi sera bientôt publié au BO. Mais en attendant la création des fonds thématiques ou sectoriels qui seront rattachés au Fonds Mohammed VI pour l’investissement, un fonds d’affectation spécial, créé par décret, devrait agir dans l’intervalle, en partenariat avec le système bancaire. «Des conventions dans ce sens seront signées dans les jours à venir», a affirmé Mohamed Benchaaboun. 

 

«Ces mécanismes vont permettre de démultiplier l’action de l’Etat. Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement jouera un rôle de levier, en créant une dynamique additionnelle à ce que fait l’Etat d’habitude», a ajouté l'argentier du Royaume. 


 

L’AMO pour tous, dès 2021


Devant Le360, le ministre des Finances a également passé en revue l’état d’avancement des principaux chantiers récemment lancés, à l’initiative du Roi Mohammed VI. Evoquant celui relatif à la couverture sociale (Assurance maladie obligatoire, Retraite, Allocations familiales et Indemnité pour perte d’emplois), l’invité du Grand Format souligne que la généralisation de l’AMO dès 2021 va toucher 22 millions de personnes ("Ramedistes", indépendants, travailleurs non salariés) et devrait coûter à l’Etat chaque année une contribution supplémentaire de 9 milliards de dirhams (un peu plus de 4 milliards de dirhams pour l’année 2021).

 

Autre chantier majeur et non des moindres, celui de la réforme du secteur public. Objectif: optimiser le fonctionnement des Etablissements et entreprises publics (EEP). Le processus est d'ailleurs déjà lancé, avec un projet de loi accompagnant la création de l’«Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’Etat et de suivi des performances des EEP», à laquelle seront rattachées tous les EEP marchands. «Le texte a été soumis au Secrétariat général du gouvernement et sera incessamment présenté au conseil du gouvernement», a expliqué Mohamed Benchaaboun.

 

La structuration du pôle public s'effectuera autour de holdings autour de pôles spécialisés (Transports, mines, industrie, etc). Un travail de concertation est actuellement en cours avec les EEP et les tutelles concernées, en vue d’assoir les principes qui vont guider cette réforme. Benchaaboun n’exclut d'ailleurs pas l’idée d’une loi de programmation, qui fixerait une période de 5 ans pour finaliser tout le processus.

 

Abordant la situation de la dette publique, l’argentier du Royaume a fait état d’un total de 40 milliards de dirhams de dettes supplémentaires induites par la crise sanitaire, destinées à financer le déficit budgétaire (7,5% du PIB contre une prévision initiale de 3,5%), en lien avec la baisse des recettes fiscales. Globalement, les montants bruts de dettes, levées par le Trésor en 2020,  culminent à 62 milliards de dirhams pour la dette extérieure et à 152 milliards de dirhams concernant la dette intérieure.

 

Enfin, interrogé sur l’emprunt national prévu en 2021, Mohamed Benchaaboun a affirmé que les caractéristiques de cette opération n'étaient pas encore arrêtées. En revanche, l’orientation est donnée pour prévoir des coupons «suffisamment petits» afin de garantir une large adhésion à cet emprunt. Le ministre des Finances a d'ailleurs révélé, au passage, que les Bons du Trésor qui seront émis dans le cadre de l’emprunt national seront cotés à la Bourse de Casablanca.