Vidéo. Université d'été CGEM. Nicolas Sarkozy: «le Maroc, ce pays proche où je pourrais vivre»

Le360

Guest star de la deuxième édition de l’Université d’été de la CGEM, l’ancien président français Nicolas Sarkozy a appelé à la tenue en urgence d’un sommet Europe-Afrique pour décider d’un méga-plan de développement des infrastructures en Afrique.

Le 13/09/2019 à 13h44

«J’aime le Maroc. Je me sens proche du Maroc et des Marocains…Le Maroc est important pour l’équilibre méditerranéen. Le Maroc est un pôle de stabilité». C’est par ces termes que l’ancien président français a entamé ses échanges avec un parterre de chefs d’entreprises, lors de cette seconde édition de l’Université d’été de la CGEM. 

Nicolas Sarkozy n'a pas caché son attachement à la personne du roi Mohammed VI, dont il a affirmé avoir suivi tout ce qu’il a fait et mis en œuvre depuis son accession au Trône. «Il y a autant d’étapes mesurées vers la modernité, notamment dans la période du printemps arabe. Le Maroc a donné une leçon de stabilité».

Nicolas Sarkozy s’est ensuite livré à une analyse de la situation géopolitique actuelle: G7, institutions internationales, Afrique, Choc démographique, dérèglement climatique, etc. 

Voici quelques extraits de ses déclarations: 

«Il n y a pas un pays africain ou arabe, ni l’Inde ni le Japon dans le conseil de sécurité des Nations Unies. Cela signifie qu'un nouveau marché mondial s’est installé sans qu'[un autre]ordre mondial ne soit installé [en conséquence]. Nos institutions ne correspondent plus à la réalité du monde. C’est scandaleux», a déclaré Sarkozy qui appelle au passage à «la création d’une organisation mondiale qui tient compte de la réalité des rapports de force dans le monde du XXIe siècle».

«Le PIB mondial est multiplié par deux et la masse monétaire multipliée par 16. Nous sommes entrés dans une politique qui consiste à créer une monnaie en totale déconnexion avec la création de richesses».

«La population asiatique passera de 7,5 milliards à 9 milliards d’habitants dans 30 ans, voire à 11 milliards d’ici la fin du siècle. Dans trente ans, le Nigéria aura plus d’habitants que les USA. L’Afrique va passer de 1,2 à 2,5 milliards d’habitants durant la même période. Jamais la planète n’a connu un choc démographique d’une telle ampleur».

«Nos destins sont liés. Il n y aura pas de développement en Europe si l’Afrique s’enfonce dans la pauvreté. Nous sommes si proches. Nous sommes condamnés à réussir ensemble ou à échouer ensemble».

«L’Afrique progresse mais c’est trop lent. Ses progrès sont immédiatement dévorés par le boom démographique. Quelque soit l’effort fourni, cela ne va pas assez vite pour éviter le drame».

«Nous devons changer notre politique africaine et à l’Afrique de changer l’analyse [qu'elle fait] de l’Europe. De toute urgence, il y a lieu de réunir un Sommet Europe-Afrique pour passer à la vitesse supérieure et décider d’un gigantesque plan de développement des infrastructures en Afrique. C’est le seul moyen de stabiliser les flux d’immigration. Je demanderais simplement une modification du droit de concurrence européen pour faire en sorte que les financements européens profitent aux entreprises européennes au lieu de servir les chantiers des entreprises chinoises».

Par Wadie El Mouden et Khalil Essalak
Le 13/09/2019 à 13h44