Le périple de 1200 km d’une britannique le long de la rivière Draa | www.le360.ma

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Alice Morrison

Alice Morrison et ses guides

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Le périple de 1200 km d’une britannique le long de la rivière Draa

Par Zineb Ibnouzahir (@ZinebIbnouzahir) le 11/02/2019 à 07h34

Alice Morrison est britannique, journaliste et aventurière. Une Indiana Jones en version féminine. Pour se rendre compte de l’effet sur terre du manque d’eau, elle entreprend depuis le 9 janvier, jusqu’au 28 mars une expédition «à l’ancienne» le long de la rivière Draa, dans le sud marocain.

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Selon des statistiques alarmantes, d’ici 2030, la moitié de la population mondiale vivra dans des zones de pénurie d’eau, et l’an prochain, 30% d’entre elles seront en situation de stress hydrique…

 

Un constat glaçant qui a motivé Alice Morrison à entreprendre ce voyage dans le sud marocain pour se rendre compte de la véracité de ces statistiques. «Je veux voir moi-même, en parcourant ce paysage, ce qui se passe lorsque l'eau s'épuise. Mais c’est aussi un voyage de découverte de soi, voir comment une femme du XXIe siècle résiste aux épreuves que le désert me lancera inévitablement», déclare-t-elle pour explique son voyage.

 

 

Alice Morrison

Alice Morrison se réchauffant devant un feu de camp

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Son périple a débuté le 9 janvier dernier, au barrage d’El Mansour Eddahbi, construit dans les années 1970, et la mènera 1200 km plus loin, le long de la rivière Draa.

 

Objectif: constater les transformations de la terre lorsque l’eau vient à se dissiper. Car si le barrage fournit de l’eau potable, il a aussi asséché la terre, affectant la vie sauvage, selon Alice Morrison.

 

 

Le long de la rivière Draa

Le long de la rivière Draa

© Copyright : DR

 

 

Cette expédition de 3 mois, à pied et à dos de dromadaire, est menée par Addi et Brahim, deux guides de la région.

 

Les trois compagnons de voyage s’enfoncent chaque jour un peu plus dans l’aridité des terres, passant de bosquets de figuiers et de pins, à des champs regorgeant de carottes et de dattes, aux plaines rocheuses et arides de la vallée du Draa.

 

En plus de découvrir «la valeur réelle de l'eau», Alice Morrison explique que son expédition est une bataille incessante contre le froid et les difficiles conditions de voyage.

 

Pour soigner les gerçures de ses mains, elle adopte les remèdes locaux, en frottant ses mains craquelées avec un citron chaud.

 

«Ça pique mais ça marche vraiment. (…) Nous sommes aussi allés parler aux femmes d’un village et elles m'ont couvert les mains avec du henné. Je devais le laisser agir pendant deux heures, en réchauffant mes mains près du feu. Le henné renforce votre peau », explique-t-elle.

 

 

 

 

 

De ce voyage «primitif» comme elle le qualifie, Alice Morrison retient aussi une chose précieuse, l’esprit de camaraderie qui adoucit les conditions difficiles de ce voyage. «Les êtres humains ont tellement plus de choses en commun que de choses qui les séparent». 

 

Une bien belle aventure humaine qui devrait prendre fin le 28 mars à Tan Tan, juste avant l’arrivée des tempêtes de sable.

 

A propos d’Alice Morrison

Alice Morrison n’en est pas à son premier périple marocain. Présentatrice de l’émission « Morocco to Timbuctou: an arabian adventure» sur la chaîne BBC2, l’aventurière a participé au Marathon des Sables en 2014. En 2015, elle entreprend d’escalader le Toubkal et de rejoindre l’Atlantique en traversant la chaîne de l’Atlas. En 2011, elle avait également réalisé un tour d’Afrique en 12.000 kilomètres à vélo, du Caire à Captown. Alice Morrison parle couramment l’arabe et vit actuellement au Maroc

http://www.alicemorrison.co.uk/