Miss Irak abattue à Bagdad: sa vie d’instagrameuse serait à l’origine de son meurtre | www.le360.ma

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Tara FAres
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Miss Irak abattue à Bagdad: sa vie d’instagrameuse serait à l’origine de son meurtre

Par Zineb Ibnouzahir (@ZinebIbnouzahir) le 30/09/2018 à 15h42

Influenceuse de 22 ans suivie par 2,7 millions de followers sur les réseaux sociaux, Tara Farès était une icône de l’Irak moderne. Une lumière d’espoir qui s’éteint…

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«Influenceuse», Tara Farès l’était plus que toute autre. Là où la majorité des instagrameuses font leur beurre sur les réseaux sociaux en affichant leur plastique et leurs hobbies, la jeune irakienne élue Miss Irak et Miss Bagdad en 2014 représentait un nouveau souffle dans une Irak asphyxiée par les conflits et l’obscurantisme.

 

Les faits sont survenus jeudi en fin de journée à Camp Sarah, un quartier du centre de Bagdad où Tara Farès à été atteinte de "trois tirs mortels", selon le ministère de l'Intérieur, alors qu'elle conduisait sa Porsche blanche décapotable aux fauteuils rouges.

 

Elle était en compagnie de son petit ami, qui l’aurait conduite à l’hôpital de Bagdad avant de comprendre qu’elle était déjà morte.

 

Pour les internautes, qui trouvent dans les réseaux sociaux un espace de liberté dans un pays conservateur, la jeune femme de 22 ans a été punie pour son mode de vie, détonant en Irak.

 

La blogueuse, qui voyageait souvent et se signalait rarement à Bagdad où elle est née, postait régulièrement pour ses 2,7 millions d'abonnés sur Instagram des photos d'elle, blonde, rousse ou brune selon les périodes.

 

Sur ces clichés, qui ont obtenu des dizaines de milliers de "likes" chacun, elle exhibe ses tatouages, manucures et tenues exubérantes… un bagage culturel occidental qu’elle a adopté en séjournant en Europe après ses victoires de Miss. Malgré la situation de son pays, elle avait pourtant choisi d’y vivre, en toute liberté, et surtout, envers et contre tous.

 

"Son seul crime, c'était d'avoir choisi la vie, au mauvais endroit", s'emportait un internaute sur Twitter.

 

"Ce jeudi, c'était Tara (...) Jeudi prochain, qui est-ce que ce sera? Où va l'Irak?", renchérissait un autre.

 

Un commentaire qui renvoie certainement aux meurtres de deux figures féminines du monde de la beauté à Bagdad, survenus le mois dernier. Toutes deux assassinées dans de mystérieuses circonstances, Rafeef Al-Yaseri, alias «la Barbie d’Irak» était chirurgien plasticien et Rasha Al-Hassan était quant à elle propriétaire et directrice du Viola Beauty Center à Bagdad, qui était retrouvée morte chez elle.