Success story. Noureddine Amir, du musée Yves Saint Laurent à la Fashion Week de Paris | www.le360.ma

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Le couturier marocain Noureddine Amir et ses robes sculptures.

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Success story. Noureddine Amir, du musée Yves Saint Laurent à la Fashion Week de Paris

Par Zineb Ibnouzahir le 23/02/2018 à 20h29

Du 23 février au 22 avril 2018, la Fondation Jardin Majorelle présente une exposition d’œuvres du couturier marocain Noureddine Amir, dans la salle d’exposition temporaire du musée Yves Saint Laurent de Marrakech.

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Né en 1967 à Rabat, Noureddine Amir vit et travaille à Marrakech. Diplômé de l’École supérieure des arts et techniques de la mode ESMOD en 1996, ses premières années de création sont marquées par sa collaboration avec l’artiste iranienne Shirin Neshat pour qui il crée de nombreux costumes.

 

À partir de 2001, Noureddine Amir se consacre principalement aux défilés marocains, notamment celui de Casablanca dédié au caftan à l’occasion duquel il se distingue en présentant une collection de haïks très remarquée.

 

Depuis 2003, ses créations ont été exposées au musée de la Mode à Anvers (MoMu), au musée des Beaux-Arts de Lille (2004), à l’Institut du monde arabe à Paris (2014-2015), et plus récemment dans le cadre de l’exposition «Les Robes sculptures de Noureddine Amir» à la Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent (2016) à Paris.

 

 

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C’est à l’occasion d’une exposition des œuvres de Noureddine Amir à l’Institut du monde arabe à Paris en 2014 que Pierre Bergé remarque son travail et décide aussitôt de lui consacrer une exposition à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent à Paris en 2016.

 

En 2018, Noureddine Amir est invité par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode française à participer au défilé Haute Couture de la Fashion Week à Paris qui se tiendra du 1er au 5 juillet. Cet événement d’envergure internationale est la plus haute distinction pour un couturier. Noureddine Amir est ainsi le premier créateur marocain à prendre part à ce rendez-vous incontournable de la mode.

 

La poétisation de l’habit

 

A travers cette exposition dédiée aux robes sculptures de Noureddine Amir, la Fondation souhaite ainsi rendre hommage à l’artiste qui se distingue par une adaptation singulière de l’artisanat marocain dans ses créations. Hamid Fardjad, le commissaire de l’exposition et le scénographe Christophe Martin scellent leurs regards aiguisés sur l’œuvre du couturier et proposent une mise en scène féerique où dialoguent la mode et l’art.

 

 

 

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«J’ai toujours pris soin de distinguer les couturiers qui se servaient des femmes de ceux qui les servaient. On pourrait donc s’étonner du choix que j’ai fait aujourd’hui d’exposer le travail de Noureddine Amir. Si j’emploie le mot travail au lieu de vêtements, c’est bien parce que Noureddine est un artiste et qu’il se sert du vêtement pour créer son œuvre. Comme d’autres font ce qu’on appelle des installations, il montre, lui, des robes-sculptures réalisées à partir de matériaux bruts», disait à son sujet Pierre Bergé.

 

Le couturier s’imprègne d’un héritage et de savoir-faire ancestraux marocains qu’il décline et renouvelle dans son travail. Telles des sculptures, les œuvres de Noureddine Amir trouvent leur genèse dans des matières brutes et organiques originaires du Maroc qui en déterminent les formes.

 

 

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«Les créations de Noureddine Amir suscitent une interrogation ambiguë. Est-ce de la mode ou une architecture d’un autre temps? Est-ce l’habit ou l’habitation? Les textures, les couleurs et les formes rappellent de loin des constructions amazighes qu’on rencontre dans les villes du sud de l’Afrique du Nord, du Maroc à l’Égypte», écrit le critique d’art et philosophe Moulim El Aroussi.

 

Noureddine Amir travaille l’habit comme s’il travaillait la peau. Laine, et raphia ou soie sont soumis à un traitement particulier. Filés avec patience, des jours durant, teints au henné, à la peau de grenade sèche ou à l’indigo, ils sont parfois traités à la pierre d’alun. Des traitements que les femmes utilisent d’ailleurs raffermir la peau de leur corps ou parfois tanner la peau des bêtes.

 

 

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Cette matière rebelle, sauvage de par son naturel, parfois piquante, tranchante ou inflammable, Noureddine Amir la dompte, la séduit, l’aime et la caresse avant de l’inviter avec poésie et douceur à livrer ses secrets. Le créateur insuffle une poésie toute particulière à ces vêtements qui de nos jours ne sont que de vulgaires objets de consommation.

 

 

 

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En réinvestissant le jute, la laine, le raphia, la mousseline de coton, Noureddine Amir renoue avec la terre africaine, avec sa faune et sa flore. Au début était la matière. La création s’est constituée autour des éléments que l’être humain a expérimentés dès les débuts de son existence. Si l’homme a oublié cette relation voluptueuse avec cette matière, Noureddine Amir la lui remémore.

 

Les Robes sculptures de Noureddine Amir du 23 février au 22 avril 2018

Musée Yves Saint Laurent Marrakech de 10h à 18h sauf le mercredi

Rue Yves Saint Laurent, 40 090 Marrakech, Maroc museeyslmarrakech.com