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Freaky Hoody

Sylvain Hélaine, dit Freaky Hoody. 

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Vidéo. France: Freaky Hoody, cet instituteur tatoué de la tête aux pieds, qui détonne

Par Le360 (AFP) le 27/09/2020 à 10h02

Aucune partie de son corps n'est vierge d'encre, pas même les yeux ou la langue: dans la banlieue de Paris, un homme de 35 ans conjugue sa passion du tatouage avec son métier d'instituteur en école élémentaire, non sans faire quelques remous.

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"J'en suis à environ 460 heures de tatouage, 57.000 euros": Sylvain Hélaine, alias Freaky Hoody sur les réseaux sociaux, est considéré comme l'homme le plus tatoué de France.

 

Motifs floraux colorés sur le crâne, tête de démon dans le dos jusqu'à ses yeux injectés d'encre: la coqueluche des conventions de tatouage a commencé à recouvrir son corps en 2012.

 

Il n'en regrette aucun, dans "une démarche philosophique inédite : je rends le tatouage, qui est censé être permanent, éphémère. Je finirai sûrement tout noir à 80 ans."

 

 


Le plus impressionnant, ce sont ses yeux, "plus une modification corporelle qu'un tatouage", souligne-t-il. Ses pupilles et ses iris marrons ressortent à peine du "blanc" des yeux, désormais noir de jais. Il a dû aller en Suisse pour avoir recours au tatouage oculaire, interdit en France.

 

"C'est une torture, on vous tient l’œil grand ouvert, vous sentez l'aiguille qui le perce", raconte cet homme de 35 ans qui avait l'impression d'être "incomplet", avant cette transformation.

 

Son corps lui ouvre des portes. "Des agences de mannequins m'ont recruté pour des films, des séries."

 

De fil en aiguille, il anime et défile dans des conventions de tatouage, et des boîtes de nuit le recrutent pour danser.

 

Mais Sylvain Hélaine est aussi maître d'école, et enseigne à des élèves entre 6 et 11 ans, l'âge de toutes les curiosités mais aussi de toutes les peurs.

 

"Je provoque toujours un moment de stupéfaction chez les enfants et les parents. Mais quand je me présente et qu'ils voient que je suis un enseignant comme les autres, tout se passe bien", explique à l'AFP celui qui se dit passionné par son métier.

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La semaine dernière, il déplorait sur la chaîne BFM TV de ne pas pouvoir enseigner à de tous petits enfants, en maternelle.

 

"Ils veulent être tranquilles, et éviter que les parents puissent se plaindre de mon apparence", regrettait-il.

 

L'enseignant estime pourtant que sa particularité fait sa force : "les enfants qui me voient apprennent la tolérance et le respect des autres. Quand il seront adultes il y aura peut-être plus de chance qu'ils ne soient pas racistes, homophobes, qu'ils ne regardent pas les handicapés comme des bêtes de foire."

 

"Il ne faut pas le juger à cause de son apparence", s'exclame Gayané, à l'école Paul Langevin de Palaiseau, en région parisienne. "C'est juste ses yeux qui font peur mais il est très gentil."

 

"C'est inquiétant que les gens s'arrêtent à l'apparence physique. C'est surtout les parents qui réagissent parce qu'aujourd'hui on éduque plus les jeunes à respecter toutes les apparences", analyse Loïc, l'un de ses anciens élèves.

 

Mais certains parents -"d'enfants que je n'ai pas en classe" assure Sylvain Hélaine- ne voient pas sa présence en milieu scolaire avec la même bienveillance.

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Une lettre a été envoyée à sa hiérarchie avec des photos de lui nu trouvées sur internet, provoquant sa "mise au placard" pendant sept semaines. 

 

"Je n'ai rien contre les tatouages mais je pense qu'un prof doit être neutre", estime Farid, 45 ans, qui "ne sait pas" si son enfant a été en classe avec l'instituteur.

 

"Je trouve cela inapproprié.  Je suis très surprise que l'Education nationale laisse faire ça. Il y a dix ans, on refusait l'entrée aux élèves qui arrivaient à l'école avec les cheveux bleus…", renchérit une autre maman, dans le journal Le Parisien.

 

"Il faut être tolérant : ce qu'il fait de sa vie privée ne nous regarde pas", rétorque Lydie Songo, mère d'élève. "Mes enfants l'appellent «Monsieur Serpent» mais je vais leur parler, il faut qu'ils l'acceptent comme ça."