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Le slogan-phare du hirak: "Un Etat civil et non pas militaire"

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Algérie: l’APS poursuit sa désinformation et décrit le Hirak comme une osmose entre le peuple et les généraux

Par Mohammed Ould Boah le 27/02/2021 à 16h38

Alors que le régime algérien tremble à nouveau face à la forte mobilisation populaire du Hirak qui vient d’inaugurer, ce vendredi 26 février 2021, la reprise de ses manifestations hebdomadaires, la désinformation atteint des niveaux ubuesques à l’agence de presse officielle, APS.

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"Tebboune et les généraux à la poubelle", "Un Etat civil, pas militaire", "Y’en a marre des généraux…", "Istiqlal!" (Indépendance!), toutes les agences de presse ont entendu ces slogans-phares, scandés par les Algériens quand ils ont manifesté, vendredi 26 avril. Exceptée l’APS. Mettant plusieurs heures avant de dédier une petite dépêche à une mobilisation impressionnante (plusieurs centaines de milliers d’Algériens dans la rue), l’agence de presse officielle algérienne a encore une fois donné la mesure de son aveuglement.

 

Selon l’APS, les centaines de milliers de manifestants qui ont battu le pavé dans toutes les grandes wilayas du pays, ce vendredi, sont sortis pour chanter les louanges du régime en place. "Arborant l'emblème national, les manifestants ont scandé des slogans glorifiant la mémoire des martyrs de la révolution nationale et d'autres appelant à la cohésion entre le peuple et son armée (Djeïch, chaâb, khawa khawa), tout en dénonçant les opportunistes de la politique et l'instrumentalisation de la religion", écrit l’APS dans une dépêche publiée plusieurs heures après la fin de la 106e manifestation du Hirak.


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Oui, là où tout le monde a entendu "les généraux à la poubelle", l’APS a identifié les cris de "Djeïch, chaâb, khawa khawa" (le peuple et l’armée, frère-frère). Soit le siège de l'APS est soumis à des hallucinogènes qui font voir un monde de Oui-Oui quoi qu’il se passe dans la rue, soit les valeureux journalistes de cette agence vivent dans un monde parallèle, radicalement opposé à celui où ont défilé les Algériens, ce vendredi 26 février.

 

L'agence de presse, qui n’a à aucun moment cité le mot "Hirak" dans toute sa dépêche, a poursuivi son compte-rendu des manifestations en ces termes : "A l'Est, des marches pacifiques ont été organisées à Constantine, Annaba, Guelma et Oum el Bouaghi où les manifestants ont entonné l’hymne national et scandé les mêmes slogans ("Djeïch, chaâb, khawa khawa", ndlr) avant de se disperser dans le calme… En revanche, la majorité des wilayas dans l’Ouest du pays n’ont pas connu de marche… Même constat dans le Sud où aucune manifestation n'a été enregistrée…".

A la lecture de cette dépêche, on aurait presque envie de traiter de non-patriotes et de traîtres à la Nation les wilayas de l’ouest et du sud du pays "où aucune manifestation n'a été enregistrée". Comment les habitants de ces wilayas ont-ils osé ne pas sortir pour entonner l’hymne national et scander d’une seule voix : "Djeïch, chaâb, khawa khawa".

 

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Pour rappel, le délirium de l’APS au sujet du Hirak a été également particulièrement aigu lors des marches qui ont célébré, lundi 22 février, le 2e anniversaire de la contestation populaire. L’APS a salué en ces termes, "le 2e anniversaire du Hirak populaire, béni et authentique, ce 22 février, décrété par le président de la république 'Journée nationale de la fraternité et de la cohésion peuple-armée pour la démocratie', a été célébré à Alger et dans d’autres villes du pays à travers des marches de citoyens scandant des slogans à la gloire de l’unité de l’Algérie et la cohésion peuple-armée".


Vivement vendredi prochain pour lire d’autres perles de l’inénarrable agence de presse algérienne.