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Metragaz Tanger, station alimentée par le Gazoduc Maghreb-Europe, cesse de recevoir le gaz algérien depuis ce pipeline à partir du 31 octobre 2021, à minuit.

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Arrêt du Gazoduc Maghreb-Europe: après l'Espagne, le Portugal s'inquiète à son tour du chantage algérien

Par Le360 (avec MAP) le 16/11/2021 à 17h46

L'arrêt du Gazoduc Maghreb-Europe (GME) de façon unilatérale par l’Algérie a suscité de vives inquiétudes dans les médias portugais qui se sont fait l’écho d’une lettre adressée par plusieurs députés à leur gouvernement au sujet de cette décision perçue par nombre d’observateurs comme un acte de chantage des autorités algériennes envers l’Europe.

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A travers une requête adressée au ministre de l'Environnement et de l'Action pour le climat, les députés portugais ont fait part de leur inquiétude face à une éventuelle pénurie de gaz au Portugal et à la hausse des prix, surtout à l'approche de l'hiver.

 

Le journal en ligne Observador, sous le titre, "Les députés interpellent le gouvernement sur l’impact de la fermeture du GME", relève que la fermeture du Gazoduc Maghreb-Europe inquiète les députés «car elle pourrait entraîner une pénurie d'approvisionnement en gaz dans le pays et une hausse des prix».

 

Selon la même source, ces députés soulignent «la nécessité de préserver les intérêts nationaux».

 

Pour sa part, le portail d’actualité Sapo, citant la lettre des députés, indique que cette décision unilatérale de fermer le GME pourrait affecter les pays européens, comme le Portugal, avec des "impacts attendus pour l'économie portugaise, fût-ce à moyen ou long termes".

 

De son côté, le quotidien généraliste portugais Diário de Notícias indique que les députés portugais relèvent que bien que cette question revête une dimension de politique européenne, chaque Etat, comme c'est le cas du Portugal, doit protéger ses intérêts nationaux, ajoutant qu’il s'agit d'anticiper les problèmes plutôt que de réagir lorsqu'il est trop tard et quand les pressions sur les prix se feront ressentir.

Après l'arrêt du Gazoduc Maghreb-Europe, l’Algérie veut imposer une hausse du prix du gaz à son «partenaire» espagnol

 

Dans leur question adressée au ministre portugais de l'Environnement et de l'Action pour le climat, les onze députés rappellent que le 31 octobre dernier, l'Algérie avait décidé unilatéralement de ne pas renouveler le contrat du Gazoduc Maghreb-Europe transitant par le Maroc au risque de ne pas honorer ses engagements de livraison aux partenaires européens, à un moment marqué par la hausse des prix du gaz et, de surcroît, à la veille de l'hiver.

 

Ils estiment que le non-renouvellement du contrat du GME pourra affecter les différents pays qui reçoivent du gaz de l'Algérie, comme le Portugal, notant qu’"indépendamment des contrats d'approvisionnement et des capacités de stockage existants, il peut y avoir un impact sur l'économie portugaise".

 

Les députés portugais demandent dans ce contexte à leur ministre quelles mesures en matière de politique énergétique seront mises en place pour sauvegarder l'intérêt national du Portugal et éviter les difficultés d'approvisionnement ou les augmentations de prix.

 

Ils s’interrogent également sur les dispositions qui seront prises pour décarboner l’économie du pays et réduire la dépendance à l’égard des énergies fossiles, en ayant recours par exemple à l’hydrogène.

 

L’annonce par l'Algérie de sa décision de ne pas reconduire l'accord sur le GME attise les inquiétudes en Europe dans le contexte de l'augmentation des prix du gaz et de l'approche de l'hiver. Cette décision unilatérale, rappelle-t-on, est considérée par de nombreux observateurs et hommes politiques européens comme un chantage de la part d'Alger envers l'Europe.