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Chafik Chraibi

Chafik Chraibi, président de l'association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin

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Avortements clandestins: Chafik Chraibi porte plainte contre Le Desk

Par Qods Chabaa le 17/05/2019 à 13h10

Le gynécologue-obstétricien Chafik Chraibi a décidé de porter plainte contre le journal électronique Le Desk, qu'il accuse de diffamation. En cause, sa photo illustrant un article sur un réseau d'avortement clandestin. Le médecin dénonce le manque de professionnalisme de la publication.

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Le gynécologue-obstétricien Chafik Chraibi porte plainte contre le journal digital Le Desk pour diffamation. Reprenant une dépêche de l'AFP, le média en question a mis en ligne un article sur un réseau d'avortements clandestins à Marrakech et l'a illustré avec une photo du président de l'association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin (AMLAC).

 

Dans cette affaire, six personnes auraient pratiqué une trentaine d’avortements clandestins dans un appartement à Marrakech. Parmi elles, deux internes en médecine, un étudiant en médecine et un pilote, qui était chargé d’importer d’Espagne un anti-inflammatoire très utilisé au Maroc. 

Vidéo. Saadeddine El Othmani: «En finir avec l’avortement clandestin» 

 

Chafik Chraibi est hors de lui. "Qu'est ce que cela signifie? Le sujet évoque l'affaire des personnes  arrêtées à Marrakech pour avoir pratiqué des avortements clandestins et on place ma photo où on me voit en train de pratiquer un accouchement mené à son terme. C'est quoi ce manque de professionnalisme?" s'insurge le gynécologue, contacté par Le360.

 

Chafik Chraibi est bien décidé à réagir, et très vite.

 

"Je contacte mon avocat et je lance la procédure" a-t-il fermement ajouté. 

 

Chafik Chraibi a également réagi sur les réseaux sociaux pour éviter que cette situation ne se reproduise.

 

Il a ainsi affirmé qu'il était prêt à exercer l'avortement lorsque celui-ci sera légal.

 

L'intéressé milite depuis des années pour que l'avortement médicalisé soit appliqué au Maroc dans des cas bien précis.

 

On se souvient qu'en 2015, suite à un colloque organisé par l'AMLAC à Rabat, le Roi Mohammed VI avait appelé à la modification de la loi pour autoriser l'avortement dans certains cas de grossesse problématique, à la suite d'un viol par exemple, d'une malformation foetale, ou d'une grossesse pouvant entraîner la mise en danger de la vie de la femme enceinte.

 

Ce projet de loi, adopté en 2016 par le gouvernement, n'a d'ailleurs toujours pas été discuté au Parlement.

 

Le statu quo perdure, alors que la pratique de l'avortement, quelle que soit la situation de la femme enceinte, est toujours lourdement condamnée par la justice.