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Nasser Bourita - Arancha Gonzalez Laya - Maroc - Espagne

Arancha Gonzalez Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères, et son homologue marocain, Nasser Bourita, au cours d'une conférence de presse à Rabat, le 24 janvier 2020. 

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Brahim Ghali, Sahara, Sebta et Melilla… Pourquoi le torchon brûle entre le Maroc et l’Espagne, selon Jeune Afrique

Par Rahim Sefrioui le 27/04/2021 à 16h45

L’hospitalisation en Espagne du président de la pseudo RASD, Brahim Ghali, "envenime les relations entre les deux pays, déjà tendues, et ravive les dossiers sensibles", affirme mardi 27 avril 2021, le magazine Jeune Afrique.

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Sur le devant de la scène, le Maroc et l’Espagne font bonne figure. Le 23 février 2021, leurs ministres des Affaires étrangères se sont félicités des "excellentes relations entre les deux pays". Dans la foulée, les deux gouvernements ont annoncé le lancement de réunions virtuelles entre les ministres marocains et espagnols de l’Industrie, des Transports ou encore de l’Agriculture, écrit le magazine Jeune Afrique dans une analyse sous le titre "Brahim Ghali, Sahara occidental, Ceuta et Melilla… Pourquoi le torchon brûle entre le Maroc et l’Espagne".

 

Mais "en coulisse, l’atmosphère entre les responsables des deux pays est nettement plus fraîche", affirme Jeune Afrique, soulignant que du côté espagnol, est évoquée une "crise économique larvée" qui dure depuis des mois, et le fait que les "relations ne sont pas aussi bonnes que Madrid le souhaiterait".

 

Selon le magazine, "l’accueil par l’Espagne de Brahim Ghali, président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et du Front Polisario, actuellement hospitalisé à Logroño (près de Saragosse), alors même que celui-ci est recherché par la justice espagnole, ne risque pas d’arranger les choses".

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Et de relever, qu’"à l’instar de la récente brouille diplomatique entre le Maroc et l’Allemagne, ici encore le Sahara est au cœur du problème", ajoutant que "l’annulation du sommet Maroc-Espagne le 17 décembre 2020, au lendemain de la décision historique de Donald Trump sur la marocanité du Sahara, est une indication de plus que le Maroc s’est engagé dans une diplomatie plus affirmée".

 

"Si le contexte sanitaire a une fois de plus été invoqué pour annuler la réunion, le Royaume semble surtout peu disposé à signer un communiqué conjoint avec l’Espagne si sa position sur le Sahara n’évolue pas", affirme Jeune Afrique.

 

"Quant au président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, il espérait une audience royale avec le roi Mohammed VI, qui n’a jamais figuré au programme de l’événement, ce qui a irrité Madrid. Ce sommet a de nouveau été annulé en février, et reporté aux calendes grecques", poursuit la publication.

 

Selon Jeune Afrique, d’"autres dossiers brouillent la ligne entre le Maroc et l’Espagne, et alimentent la crise, notamment la fermeture des frontières entre le Royaume et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, décidée en mars 2020, officiellement pour contrer la propagation du Covid-19, régulièrement dénoncée comme une "tentative d’isolement économique et d’asphyxie" par les présidents espagnols des deux villes, Juan Vivas et Eduardo de Castro.

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Et d’ajouter que "l’intensification de l’immigration clandestine marocaine et subsaharienne à destination des îles Canaries ou du sud de l’Andalousie, ou encore la question de la délimitation de l’espace maritime marocain sont autant de sujets qui font grincer les dents espagnoles".

 

Enfin, souligne le magazine, "d’ici cet été, la Cour de justice européenne devra statuer sur la légitimité des procès à répétition lancés par le Polisario pour contrer les accords agricoles conclus entre le Maroc et l’Union européenne (UE) en 2019".

 

Début mars Nasser Bourita a appelé l’Europe "à faire face sérieusement à cette guérilla juridique qui vise ses accords commerciaux" avec le Royaume. Si ce n’est pas le cas, la crise sera inévitable entre le Maroc et l’UE, et par conséquent l’Espagne, affirme Jeune Afrique.