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Tebboune - Chengriha - Benali

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune, entouré du chef d'état major de l'armée algérienne, le général Saïd Chengriha, et du commandant de la garde présidentielle, le général Benali Benali. 

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Crise algéro-marocaine: jalousie, humiliation et frustration derrière les folies du régime algérien

Par Mohammed Ould Boah le 07/10/2021 à 09h46 (mise à jour le 07/10/2021 à 17h45)

Le régime algérien alimente chaque jour la crise avec le Maroc. L’escalade actuelle entretenue par le régime algérien fait craindre le pire. La lettre mensuelle de «L’Afrique réelle» revient sur les racines profondes de cette crise, due à la «jalousie» d’une Algérie sans nation.

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C’est dans le contexte de la crise aiguë sans précédent, et unilatéralement fomentée par l’Algérie avec son voisin marocain ces dernières semaines, et sans la moindre raison objective, que le magazine électronique L’Afrique réelle, fondé par l’historien Bernard Lugan, a consacré, dans sa lettre mensuelle de ce mois d’octobre 2021, un «numéro spécial sur le contentieux algéro-marocain».

 

Née de la dernière pluie des décolonisations en Afrique au début des années 60, l’Algérie a toujours constitué, selon ce média, un voisin problématique pour le royaume du Maroc. En atteste la Guerre des sables d’octobre-novembre 1963 que l’Algérie a déclenchée, une année seulement après que le colonisateur français a décidé de quitter ce territoire et lui octroyer l’indépendance en 1962. Depuis cette guerre et la cuisante déroute qui lui a été infligée par l’armée marocaine, l’Algérie n’a plus cessé de faire de l’inimitié à l’égard du Maroc la pierre angulaire de sa politique d’Etat.

 

Pour L’Afrique réelle, cette inimitié n’a jamais baissé d’un cran et a atteint son paroxysme quand l’Algérie a décidé en août dernier de rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc, décision suivie quelques semaines plus tard par la fermeture de l’espace aérien de l’Algérie à tous les avions marocains, et ce, sur la base de justifications aussi fallacieuses que risibles.

 

Or, écrit le magazine, «à la fin du mois d’août, le ministre algérien des Affaires étrangères a laissé échapper la vraie raison de la crise, en déclarant que le contentieux algéro-marocain remonte à l’année 1963».

 

C’est suite à «cette humiliation qui hante encore l’Algérie», même si le problème des frontières qui a causé cette guerre a été finalement résolu, que l’Algérie a décidé de faire du Maroc un «ennemi» permanent.

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Cette attitude va surtout se manifester, selon la lettre mensuelle de L’Afrique réelle dans le dossier du Sahara, un conflit créé de toutes pièces par l’Algérie et dont elle empêche aujourd’hui toute résolution pacifique. Les différents envoyés spéciaux du secrétaire général de l’ONU, qu’il s’agisse des Américains James Baker et Christopher Ross, des Européens Peter Van Walsum et Horst Köhler, ont vu leurs efforts de médiateurs buter sur l’intransigeance aveugle de l’Algérie qui veut imposer l’indépendance du Sahara comme unique solution, et ce, sans compter sur la fermeté du Maroc, décidé à trouver une solution qui respecte sa souveraineté historique sur son Sahara, précise L’Afrique réelle.

 

C’est que, comme l’avait clairement résumé Hubert Vedrine, ancien ministre français des Affaires étrangères cité par le média, «l’affaire du Sahara est une affaire nationale pour le Maroc et une affaire identitaire pour l’armée algérienne».

 

Cette obstruction algérienne est d’autant plus irréaliste que le Maroc avait toujours associé ses voisins maghrébins, l’Algérie et la Mauritanie, à tout le processus de négociations qui a abouti à la décolonisation de ses provinces. Un processus où étaient également impliquées l’Organisation des nations unies et l’ex-puissance colonisatrice, l’Espagne, sans oublier les avis juridiques favorables au Maroc rendus par la Cour internationale de justice.

 

Sauf qu’aujourd’hui encore, et 46 ans après, on reste en présence d’«une situation figée», car «pour une Algérie ‘enclavée’ dans cette mer fermée qu’est la Méditerranée, il est insupportable de devoir constater que le Maroc dispose au contraire d’une immense façade maritime océanique, ouvrant de ce fait le royaume à la fois sur le ‘grand large’ atlantique et sur l’Afrique de l’Ouest. Jamais l’Algérie n’acceptera d’admettre cette réalité géostratégique. Là est bien le fond du problème», écrit le magazine.

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Pire, L’Afrique réelle explique qu’il y a «derrière le contentieux algéro-marocain, la frustration de l’Algérie de n’avoir jamais existé comme nation». En effet, «l’Algérie qui est directement passée de la colonisation turque à la colonisation française n’a jamais existé en tant qu’Etat. Jalouse du Maroc et de ses 1200 ans d’histoire, là est le non-dit de toute sa politique maghrébine», écrit le média.

 

Le magazine revient d’ailleurs longuement sur l’histoire de la région nord-africaine pour mettre en exergue le rôle central et influent joué par «le Maroc dans l’espace saharo-méditerranéen», à travers sa présence en Andalousie durant 7 siècles (Espagne), au Maghreb central dès le XIe siècle (soit une grande partie de l’Algérie actuelle), et en Afrique de l’Ouest à partir du XVe siècle (Mauritanie, Mali…).

 

Aujourd’hui, et alors que le Maroc est en position de force, militairement et diplomatiquement, dans son Sahara, et qu’il poursuit sereinement sa dynamique de développement tous azimuts, «le risque est donc que, acculée par ses colossaux problèmes intérieurs, l’Algérie, pays en faillite après avoir été consciencieusement pillé par ses dirigeants depuis 1962, décide une fuite en avant suicidaire à travers le recours aux armes», conclut le magazine.