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Pedro Sánchez

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

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Le gouvernement espagnol envisage de faire un geste d’apaisement envers le Maroc, affirme El Pais

Par Khalil Ibrahimi le 04/06/2021 à 13h28 (mise à jour le 04/06/2021 à 20h50)

La crise entre l'Espagne et le Maroc est dans l'impasse. Le gouvernement marocain est resté silencieux depuis que le chef du Polisario est rentré en Algérie. Rabat n'a pas réagi à son départ d'Espagne, mais n'a pas non plus répondu aux appels des autorités espagnoles pour résoudre la situation des mineurs à Sebta ou des saisonnières de Huelva.

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Selon El Pais, dans sa livraison de ce vendredi 4 juin, le gouvernement de Pedro Sanchez envisage de faire un geste pour débloquer la situation et éviter une nouvelle escalade de la tension. Il peut s'agir de la visite d'un ministre ou d'un appel du roi Felipe VI, avance le quotidien. La situation actuelle est très dangereuse, selon des sources diplomatiques, car la méfiance domine et tout incident, anodin ou fortuit, peut être mal interprété et aggraver la crise, estime le quotidien à grand tirage.

 

Pour le journal, le Maroc n'a pas franchi de nouvelle étape dans l'escalade (expulsion de l'ambassadeur d'Espagne à Rabat ou suspension de la coopération des services de police et de renseignement), mais il fait la sourde oreille aux appels de Madrid pour s'attaquer à des problèmes qui ne peuvent être retardés: celui de près de 1.000 mineurs et environ 500 adultes entrés illégalement à Sebta et qui y sont toujours bloqués; ou encore les 12.600 saisonnières marocaines qui ont fini leur travail et ne peuvent pas rentrer chez elles.

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De plus, ajoute El Pais, à 11 jours de la date officielle du début de l'opération Marhaba, le plus grand transit de personnes et de véhicules en Europe, le Maroc ne précise pas s'il compte la réaliser ou la suspendre comme en 2020.

 

La priorité du gouvernement espagnol est de revenir à la normale le plus rapidement possible. Pour faciliter l’apaisement, il envisage de faire un geste qui aidera les autorités marocaines à tourner la page. Madrid a déjà fait un premier geste en informant Rabat du départ de Ghali, sans y être obligé. En plus d'avoir tenu compte des avertissements du Maroc, qui avait déclaré qu'un départ clandestin du leader du Polisario nuirait davantage aux relations bilatérales, estime le journal.

 

Avec ce geste, le gouvernement espagnol «a implicitement reconnu qu'il avait eu tort de ne pas prévenir le pays voisin lorsque Ghali a été hospitalisé à Logroño le 18 avril», souligne El Pais. Mais ce geste ne serait pas suffisant, si on prend en compte la déclaration que le ministère marocain des affaires étrangères a publiée lundi dernier. Rabat avait alors déjà prévenu que la comparution de Ghali devant le juge de l'Audience nationale Santiago Pedraz, qui l'a interrogé sans imposer de mesure restrictive à sa liberté, serait une condition nécessaire mais non suffisante pour clore la crise, rappelle le journal.

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Selon des sources gouvernementales, le sens du geste que le gouvernement espagnol envisage de faire ne serait pas une demande d'excuses, mais le Maroc pourrait le prendre comme tel. Ce serait, en tout cas, un pas vers la réconciliation. Un appel du Roi d'Espagne au Roi du Maroc est une carte maîtresse que le gouvernement a en tête depuis le début de la crise. La question est de savoir si le moment est bon pour l'utiliser, alors que la plaie est encore béante, ou s'il leur est préférable de se laisser du temps, et d'attendre que la crise passe et qu'elle serve à promouvoir une nouvelle étape, explique El Pais.

 

«Une autre possibilité sur la table est la visite d'un ministre à Rabat, une démarche qui a été suivie lors de crises bilatérales précédentes. Ce devrait être la ministre des affaires étrangères, Arancha González Laya, mais elle pourrait rencontrer une atmosphère hostile dans le pays voisin, car Rabat a personnalisé sa colère à son égard et les ponts diplomatiques entre les deux pays sont rompus», indique le journal, précisant que l’autre alternative pourrait être une visite dans la capitale marocaine du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui aurait l’occasion de s'attaquer aux problèmes les plus urgents de contrôle de l'immigration et d’éviter une discussion sur le différend à propos du Sahara, car il ne relève pas de sa compétence.