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Algérie: Grandes inquiétudes sur l'état de santé du président Tebboune après son transfert en Allemagne

Abdelmadjid Tebboune, président algérien.

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«Le pouvoir algérien, un bateau sans capitaine», affirme le site d'informations Mondafrique

Par Rahim Sefrioui le 16/11/2020 à 16h44 (mise à jour le 16/11/2020 à 16h46)

La maladie du président Abdelmadjid Tebboune, atteint du Covid-19 et hospitalisé depuis plusieurs semaines en Allemagne, met «le véritable pouvoir en Algérie, le haut commandement militaire, dans une situation très délicate», explique le site Mondafrique.

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«L'absence du président rappelle le triste crépuscule de son prédécesseur», souligne ce site d'informations panafricain, dirigé par le journaliste français Nicolas Beau, dans un article sous ce titre: «Le pouvoir algérien, un bateau sans capitaine». Abdelmadjid Tebboune devait voter le 1er novembre au référendum sur l’amendement constitutionnel qui devait consacrer son pouvoir. Or, ce fut son épouse, Fatima Zohra Bella, qui a fini par voter à sa place. Le même jour, le président algérien devait inaugurer la Grande Mosquée d’Alger. Mais ce fut finalement son Premier ministre, Abdelaziz Djerad, qui l’a remplacé de toute urgence, indique Mondafrique.

 

"La seconde vague de la pandémie qui frappe de plein fouet l’Algérie, sans faire de distinction entre un vieux président mal élu et un jeune chômeur mal logé, a largement démontré que le gouvernement n’arrivait pas gérer la crise en l’absence du chef de l’Etat", affirme l'auteur de cet article. 

Algérie: aucun signe d’amélioration de l’état de santé du président Tebboune

 

"Enfin, le conflit en sommeil qui oppose l’Algérie au Maroc au sujet du Sahara occidental vient de se rallumer après le lancement d’une opération militaire par le Maroc dans le territoire et l’annonce par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par Alger, de la fin d’un cessez-le-feu vieux de 30 ans au Sahara, dans une zone tampon de ce territoire. Pour les militaires algériens, il est urgent de répondre à cette provocation du Maroc. Mais comment faire quand le représentant de l’Etat est absent de son pays?", s'interroge le site d'informations français.

 

"En attendant que la grande muette sorte de sa grande torpeur, l’absence de Abdelmadjid Tebboune suscite des appels à déclarer l’état d’empêchement (article 102 de la Constitution)", explique encore Mondafrique, qui se réfère à ce qu’avait publié à ce sujet un journaliste algérien, Abled Charef, sur son compte Facebook.

 

Le média français se réfère également à une interview de Adel Ourabah, publiée par le site algérien Twala, dans laquelle ce politologue déclare que "Le Système", c'est à dire les généraux qui détiennent le pouvoir, "n’aura aucun mal à se débarrasser de Tebboune, le candidat imposé par feu Gaïd Salah".

L’état du président Tebboune se détériore, l’Algérie tremble

 

"Mal élu avec 39,88 % de participation à la Présidentielle contestée du 12 décembre 2019, le chef de l’État a aussi essuyé durant son absence un cuisant revers politique avec son référendum qui devait renforcer sa légitimité : Seuls 23% des électeurs inscrits ont voté. En conséquence, [le système] trouvera moins de difficulté à écarter le président Tebboune au cas où la situation dégénère", a affirmé Adel Ourabah, cité par Mondafrique. 

 

"Parions que l’avis de ces analystes est largement partagé par le haut commandement militaire. Mais les hauts-gradés vont-ils arriver cette fois à s’entendre entre eux et à trouver un autre paravent, aussi respectable que possible, de préférence en bonne santé, qui accepterait de jouer le mauvais rôle dans ce théâtre d’ombres dont tout le monde en voit les ficelles ?", se demande alors Mondafrique.

 

"Certains y voient une occasion pour que l’Armée accepte enfin de laisser le politique à la société civile. D’autres, moins optimistes, craignent un chaos imminent et l’éclatement de l’unité de façade que continue d’afficher tant bien que mal l’institution militaire algérienne", conclut Mondafrique.