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Le siège de l'APS.

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Quand l'APS réécrit à sa guise un article du Washington Post

Par Mohamed Chakir Alaoui le 18/01/2021 à 18h56

Les spécialistes de l’intox de l’agence de presse algérienne démarrent fort l’accompagnement du mandat du président Joe Biden. Ils attribuent déjà à un membre de son équipe de transition des propos qu’il n’a jamais tenus au sujet de la reconnaissance de la marocanité du Sahara.

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Le président américain Joe Biden n’a même pas encore pris ses fonctions que l’agence de propagande algérienne commence déjà à faire dans la désinformation concernant son administration. Dans son compte rendu d’un article paru sur le Washington Post, et intitulé «Sahara Occidental: La décision de Trump en cours d'examen (responsable américain)», l'APS a exaucé le vœu ardent des oligarques gérontocrates qui dirigent l’Algérie. Elle a exaucé ce vœu en substituant à l’article du quotidien américain, un autre article, imaginaire celui-là. 

 

L’agence algérienne laisse en effet entendre que la reconnaissance américaine de la souveraineté, pleine et entière, du Maroc sur son Sahara est un acte sur lequel l’administration Biden pourrait faire marche arrière.

 

Sans que sa plume n’ait tremblé, l’auteur de la dépêche APS affirme que la source du Washington Post assurait que la nouvelle équipe au pouvoir avait «pris note de ces manœuvres de dernière minute. Chacune est en cours de révision, et la nouvelle administration rendra un verdict basé exclusivement sur un critère: l'intérêt national». Si cette phrase existe bel et bien dans l’article du prestigieux journal américain, elle concerne les décisions prises par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo et non celles du président sortant.

Quand l'APS apporte la preuve de la présence historique du Maroc à l’ouest algérien

 


L’article authentique explique clairement que le responsable de l’équipe Biden a donné des justifications différentes pour plusieurs des récentes mesures, affirmant que certaines d'entre elles étaient à l'étude depuis un certain temps. «Le conseiller de Trump, Jared Kushner, a fait pression pour des décisions récentes sur des questions telles que le Maroc et les ventes d'armes aux Emirats arabes unis et à l'Arabie saoudite dans le cadre de la récompense pour les pays arabes qui ont accepté de normaliser leurs relations avec Israël. Une grande partie du reste, y compris des actions à Cuba et à Taïwan, Pompeo l'a fait tout seul», a très précisément déclaré le responsable de la Maison Blanche.


Même quand le journaliste du Washington Post donne une idée sur les réactions suscitées par les dernières décisions de Donald Trump, le cas du Maroc et de son Sahara n’est pas abordé. C’est bel et bien au sujet du cas des Houthis Yéménites, black-listés en tant que terroristes, de Cuba, d’Iran, de Taïwan ou même de Chine qu’il est question dans l’article.

 

Pourtant à lire le titre de la dépêche APS, tout porterait à croire que l’administration du président élu Joe Biden est sur le point d’annuler la proclamation de Donald Trump sur le Sahara. L'APS déploie encore une fois l’étendue de son talent en matière de désinformation. L’Agence algérienne avait d'ailleurs récemment reformulé à sa guise un message de la chancelière allemande, Angela Merkel, et même réécrit en prenant toutes les libertés un rapport d’une organisation onusienne, provoquant un cinglant démenti du bureau des droits de l’Homme de l’ONU à Genève.

L’Agence de presse algérienne prise en flagrant délit de mensonge par l’ONU

 

D’un point de vue psychologique, cette énième fake news nous instruit sur l’état d’esprit des dirigeants en Algérie qui s’accrochent au –faux– espoir d’une annulation par Joe Biden de la décision de Donald Trump sur la marocanité du Sahara. Pourtant la dépêche APS cite une phrase du responsable américain qui s’est confié au Washington Post. Ce dernier a affirmé qu’un seul critère prévaut pour la révision, ou non, des décisions prises par l’administration Trump: les intérêts des Etats-Unis.

 

Biberonnés à l’idéologie communiste, les gérontocrates qui dirigent l’Algérie vivent encore comme si le mur de Berlin séparait le monde en deux blocs. Est-ce que les intérêts américains se trouvent du côté d’un régime fossilisé, dirigé par une armée de généraux, ou bien du côté d’un très ancien allié, sûr et stable, qui anticipe sur les enjeux actuels et regarde vers l’avenir?