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David Schenker

David Schenker, secrétaire d'Etat adjoint américain chargé du Proche-Orient. 

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Sahara: quand David Schenker gifle Alger, l'APS regarde ailleurs

Par Rahim Sefrioui le 08/01/2021 à 08h22

Sur le sol algérien, le sous-secrétaire d’Etat adjoint américain en charge des questions du Proche-Orient a réitéré la nouvelle position américaine sur le Sahara et son soutien au plan d’autonomie marocain. Une déclaration-choc que l’agence de presse algérienne a préféré passer sous silence.

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«Schenker dément les rapports faisant état de l’intention de Washington d’établir une base militaire au Sahara Occidental». Voilà, en substance, ce qu’a retenu l’agence de presse officielle algérienne (APS) de la conférence de presse du sous-secrétaire d'Etat adjoint américain en charge des questions du Proche-Orient, David Schenker, qui a fait escale à Alger hier, jeudi 7 janvier 2021, dans le cadre d’une tournée régionale.

 

Ainsi, l’Agence d’Etat apporte un démenti à une rumeur qu’elle a d'ailleurs elle-même largement contribué à alimenter. Plusieurs responsables américains et européens avaient -bien avant David Schenker- qualifié «d’infondée» l’information selon laquelle il était question de transférer au Maroc, la base de Rota où est situé le siège du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom).

Vidéo. "Le Maroc est un allié militaire majeur des États-Unis", selon le commandant de l'AFRICOM

 

Si l’agence d’Etat a préféré zoomer sur le démenti réchauffé de cette fake news, c’est bien pour éviter d’évoquer l’essentiel de la déclaration du responsable américain. C’est qu’il a asséné une gifle au régime algérien, quand il a parlé en termes clairs de la nouvelle position américaine au sujet du conflit du Sahara.

 

"Pour les Etats-Unis, seules des négociations politiques entre le Maroc et le -Polisario- dans le cadre du plan marocain d'autonomie sont à même de conduire à un règlement" du différend autour du Sahara, a estimé David Schenker, lors de ce point de presse tenu dans la capitale algérienne. Le responsable américain a, de plus, souligné qu’"il [était] temps d’aller vers des solutions courageuses", signifiant ainsi indirectement au régime algérien la nécessité de revoir sa position par rapport à ce conflit territorial.

 

«L’ordre régional a connu des développements inédits», avait d'ailleurs récemment constaté le président algérien Abdelmadjid Tebboune, après deux mois passés à se faire soigner à l’étranger.

 

Les propos du haut responsable américain viennent en apporter une démonstration sur le terrain, et, qui plus est, sur le sol même algérien. Fini, le temps où les responsables US caressaenit dans le sens du poil les généraux algériens concernant le dossier du Sahara, au nom des intérêts économiques entre les deux pays.

 

Quand il s’agit de Sahara, les Etats-Unis attendent une solution sérieuse, crédible et réaliste. En d’autres termes, il s'agit bel et bien du plan d’autonomie présenté par le Maroc. Une réalité dure à entendre pour Alger, que David Schenker ne manquera sans doute pas de rappeler, depuis Rabat où il est attendu.