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L’Ivermectine, à l'essai en Australie, est un médicament anti-parasitaire qui vient à bout du Coronavirus.

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Coronavirus: découverte en Australie d'un anti-parasitaire qui tue le virus in vitro en 48 heures

Par Zineb Ibnouzahir (@ZinebIbnouzahir) le 07/04/2020 à 13h25

Après le succès que semble rencontrer l'usage de la chloroquine sur des patients traités pour le Covid-19, d’autres médicaments testés à travers le monde font leur preuve et apportent une nouvelle lueur d’espoir.

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Les scientifiques du monde entier travaillent d’arrache-pied au développement de vaccins et à tester des traitements efficaces contre la maladie du nouveau coronavirus. Tour du monde des essais en cours. 

 

En Australie, un anti-parasitaire a fait ses preuves

Une équipe de chercheurs australiens de l’Université Monash à Melbourne a ainsi découvert qu’un médicament, disponible dans le monde entier, peut tuer le virus en laboratoire, en 48 heures seulement.

 

L’Ivermectine est un médicament anti-parasitaire, approuvé pour traiter les conditions parasitaires, telles que la rosacée, les poux de tête et la gale. Développé en 1975 et depuis, largement utilisé à travers le monde depuis le début des années 80, ce médicament se serait avéré tout aussi efficace, au cours d'essais in vitro, contre d’autres virus, tels que le virus de la grippe, le virus Zika et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).

 

Après des tests effectués par ces chercheurs australiens, l’Ivermectine s’avèrerait être également un inhibiteur du virus SARS-CoV-2 in vitro.

 

L'équipe de chercheurs, qui a travaillé avec le Peter Doherty Institute of Infection and Immunity, un autre laboratoire de Melbourne, a ainsi pu démontrer que l'Ivermectine réduisait l'ARN viral COVID-19 présent dans la culture cellulaire de 93% des prélèvements analysés, au bout de 24 heures, et de 99,8% de ces prélèvements au bout de 48 heures.

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Cette réduction de la charge virale, d’environ 5.000 fois, laisse ainsi entendre que le médicament en question pourrait potentiellement éradiquer le virus in vivo. 

 

Toutefois, les scientifiques australiens préviennent que bien que ce médicament soit déjà très largement utilisé dans le monde, et considéré comme un médicament sûr, ces tests très récemment effectués doivent encore faire l’objet de tests sur l’homme pour déterminer le dosage efficace qui permettrait de contrer le Covid-19.

 

Ces tests ont fait l’objet de la publication d'un rapport d'étude dans une revue spécialisée, "Recherche antivirale", ce qui ouvre la porte à une large utilisation de ce médicament, déjà très utilisé de par le monde. L'article conseille l'administration de ce médicament aux patients atteints de Covid-19.

 

Déjà approuvé par la Food and Drug Administration des Etats-Unis (FDA) mais aussi par l’OMS, qui l’a inclus dans sa liste des médicaments essentiels, notamment contre des cas de cécité d'habitants vivant à proximité de fleuves de pays d'Afrique, ainsi que contre la gale, l'Ivermectine pourrait donc être largement utilisée pour traiter les patients atteints du  Covid-19. 

 

Un médicament capable de bloquer l’infection découvert en Suède et au Canada

Des chercheurs issus de l'institut Karolinska, en Suède, et de l'université de la Colombie-Britannique, province du Canada, auraient eux aussi trouvé un médicament capable de bloquer la maladie avant que celle-ci n’infecte les cellules du corps humain.

 

APN01. Tel est le nom de ce médicament développé par Aperion Biologics, et déjà testé contre les maladies pulmonaires. Celui-ci suscite aujourd’hui un fort intérêt, au point d’avoir reçu les approbations réglementaires pour être testé en Autriche, en Allemagne et au Danemark, sur 200 patients testés positifs au Covid-19 dans le cadre d’une étude dans sa Phase II.

 

 

L’étude des scientifiques, qui a porté sur des cultures de cellules humaines et sur des organoïdes, publiée dans la revue spécialisée Cell, explique comment ces chercheurs ont utilisé des échantillons de tissus d'un patient atteint de Covid-19 pour isoler et cultiver le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la maladie Covid-19.

 

Dans les cultures cellulaires en laboratoire, ces chercheurs ont ainsi pu montrer comment la protéine de pointe du SARS-CoV-2 se lie à un récepteur de surface cellulaire, une enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2) afin d'entrer dans nos cellules.

 

C'est le même mécanisme que celui du virus du SRAS originel, dont l'épidémie s'était déclaré en 2003, et qu'utilise le SARS-CoV-2 pour se lier à nos cellules, et qui a déjà été décrit par plusieurs chercheurs dans de précédentes études.

 

En ajoutant une variante génétiquement modifiée de cette protéine, appelée "enzyme de conversion de l'angiotensine soluble recombinante humaine 2" (hrsACE2), les chercheurs ont voulu tester si le virus pouvait être empêché d'infecter les cellules.

 

Le résultat publié à présent dans cette revue scientifique, montre que hrsACE2 a réduit la croissance virale du SARS-CoV-2 d'un facteur de 1.000 à 5.000 dans les cultures cellulaires.

 

"Nous pensons que l'ajout de cette copie enzymatique, hrsACE2, incite le virus à se fixer à la copie au lieu des cellules réelles", explique Ali Mirazimi, professeur adjoint au Département de médecine de laboratoire de Karolinska Institute, et l'un des auteurs correspondants de cette étude.

 

"Il détourne le virus de l'infection des cellules au même degré et devrait conduire à une réduction de la croissance du virus dans les poumons et d'autres organes."

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"Notre étude fournit de nouvelles informations sur la façon dont le SARS-CoV-2 infecte les cellules du corps, y compris dans les vaisseaux sanguins et les reins", explique Ali Mirazimi.

 

"Nous espérons que nos résultats pourront contribuer au développement d'un nouveau traitement médicamenteux pouvant aider les patients atteints de Covid-19".

 

L'étude actuelle se limite aux cultures cellulaires et aux organes miniatures artificiels. Cependant, ce même médicament a déjà été testé contre les lésions pulmonaires aiguës, le syndrome de détresse respiratoire aiguë et l'hypertension artérielle pulmonaire, dans les études cliniques de phase I et II.

 

Les résultats pourraient donc être prometteurs pour le traitement des patients du Covid-19 qui sont aux premiers stades de la contamination, selon les chercheurs. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer s'il est également efficace au cours des stades ultérieurs du développement de la maladie.