France: 2.000 migrants refoulés à l’entrée d'Eurotunnel

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Les tentatives quotidiennes de migrants pour rejoindre la Grande-Bretagne via le site du tunnel sous la Manche depuis Calais ont connu un nouveau pic dans la nuit de lundi à mardi avec environ 2.000 tentatives d'intrusion pour essayer d'embarquer sur les navettes Eurotunnel.

Le 29/07/2015 à 09h24

"C'est la tentative d'intrusion la plus importante depuis un mois et demi", date à laquelle le port de Calais a vu sa sécurité renforcée, incitant les migrants à tenter leur chance sur le site du tunnel, a déclaré à l'AFP un porte-parole d'Eurotunnel.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, en déplacement à Londres pour y rencontrer son homologue britannique Theresa May, a confirmé ces chiffres. Ces migrants ont toutefois "été refoulés", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il y avait eu "des interpellations et cela s'était passé sans drame".

En début de soirée mardi, les abords du site d'Eurotunnel étaient étonnamment calmes, a constaté l'AFP, alors qu'habituellement plusieurs centaines de migrants s'y trouvent en attendant de tenter leur chance.

Depuis plusieurs semaines, les tentatives d'intrusion de migrants sur le site d'Eurotunnel sont quotidiennes et massives.

Depuis début juin, huit migrants ont déjà perdu la vie à l'intérieur du site ou en tentant de s'y rendre.

Le tunnel comme plan B"Tout notre personnel de sécurité, soit 200 personnes, ainsi que les forces de l'ordre étaient sollicitées" pour empêcher les intrusions sur le site cette nuit, qui se sont déroulées "entre minuit et 06H00 du matin", a précisé le porte-parole d'Eurotunnel. Plus de 300 policiers sont également engagés à plein temps dans le Calaisis pour répondre à la problématique des migrants, estimés à 3.000 dans la région.

Selon un policier, "deux ou trois migrants ont été blessés" en tentant de monter sur les trains cette nuit. Il trouve "normal qu'ils aillent sur le tunnel, vu que le port, ils le sécurisent. La faille, c'est le tunnel".

Du fait d'un conflit social entre la compagnie maritime MyFerryLink et le propriétaire de ses bateaux, le groupe Eurotunnel, le port de Calais a été bloqué en grande partie depuis juin. De nombreux migrants ont alors essayé de profiter de la paralysie du trafic transmanche pour monter dans les camions à l'arrêt à Calais.

A cela s'ajoute une "sécurisation" renforcée du port depuis début juin où barricades et fils barbelés dissuadent de nombreux migrants dans leurs tentatives de se cacher dans des camions en route pour le port.

Le groupe Eurotunnel a ainsi demandé une indemnisation de 9,7 millions d'euros aux gouvernements français et britannique, pour compenser ses dépenses et perte d'exploitation depuis le 1er janvier 2015 liées à l'afflux de migrants.

Eurotunnel pointé du doigt Les autorités britanniques ont déjà déboursé 4,7 millions d'euros pour la construction de barrières visant à sécuriser les accès des plateformes et du terminal. Elles devraient être effectives dans la première semaine du mois d'août, a indiqué Eurotunnel.

La ministre britannique de l'Intérieur Theresa May a aussi annoncé mardi une rallonge de 10 millions d'euros pour renforcer la sécurité du terminal d'embarquement.

La sécurisation du site est d'autant plus ardue du fait de son immensité avec 28 kilomètres de clôtures pour une surface totale de 650 hectares, selon Eurotunnel.

De sources officielles, le départ de quelque 5.000 migrants candidats au départ vers la Grande-Bretagne a été à ce jour empêché, que ce soit sur le site d'Eurotunnel ou via le port de Calais.

Le 29/07/2015 à 09h24