Le FBI relance l'affaire des emails de Clinton, une aubaine pour Trump

AFP

Hillary Clinton affichait sa sérénité vendredi après la relance soudaine par le FBI de l'affaire de sa messagerie privée, qui avait été classée en juillet. Donald Trump saisit l'aubaine pour assurer à ses partisans que l'élection présidentielle n'est pas jouée.

Le 29/10/2016 à 09h53

Alors qu'elle se plaçait en tête des sondages, la candidate démocrate à la succession de Barack Obama se retrouve sous le feu des critiques des républicains à onze jours du scrutin. Le directeur du FBI, James Comey, a annoncé au Congrès que des nouveaux messages avaient été découverts et devaient être examinés par les enquêteurs fédéraux afin de déterminer s'ils contennaient ou non des informations significatives ou confidentielles susceptibles de mettre en danger la sécurité de l'Etat.

"Je suis certaine, quels qu'ils soient, qu'ils ne changeront pas la conclusion de juillet", a déclaré Hillary Clinton en fin de journée lors d'un court point presse à Des Moines, dans l'Iowa.

L'ancienne secrétaire d'Etat a reproché au directeur Comey d'en avoir dit trop peu dans sa lettre. "Nous sommes à 11 jours de ce qui est peut-être l'élection nationale la plus importante de notre vie. Le vote a déjà commencé dans le pays. Les Américains méritent donc d'obtenir tous les faits immédiatement", a-t-elle fait valoir.

Ordinateur d'une proche d'HillaryCes milliers de messages ont été découverts, selon NBC, sur un ordinateur portable ayant appartenu à Huma Abedin, proche d'Hillary Clinton et membre de son cabinet au département d'Etat, et à son mari Anthony Weiner, dont elle est séparée depuis août et qui fait l'objet d'une enquête pour l'envoi de messages à caractère sexuel avec une mineure. Aucun autre détail n'a été communiqué par le patron de la police fédérale dans sa lettre de trois paragraphes, envoyée aux présidents de commissions compétentes du Congrès, contrôlé par les républicains.

Donald Trump y a vu l'occasion de remettre en selle sa candidature chancelante. Il s'était d'ailleurs inquiété dans le passé de la proximité entre un personnage tel qu'Anthony Weiner et l'ancienne secrétaire d'Etat, par l'intermédiaire d'Huma Abedin, l'une des plus proches collaboratrices d'Hillary Clinton depuis la fin des années 1990.

"La corruption d'Hillary Clinton atteint une ampleur sans précédent", a-t-il réagi immédiatement au début d'un meeting à Manchester, dans le New Hampshire, tandis que ses partisans scandaient "enfermez-la!". "J'ai un grand respect pour le fait que le FBI et le ministère de la Justice soient désormais disposés à avoir le courage de corriger la terrible erreur qu'ils ont commise" en classant leur enquête, a-t-il ajouté. "Nous allons regagner la Maison Blanche", a clamé Donald Trump.

Le FBI en dit trop ou trop peu

Ce rebondissement a immédiatement dominé la couverture médiatique, reléguant au second plan la journée de campagne d'Hillary Clinton dans l'Iowa. Le meeting de soutien de Barack Obama en Floride a également été éclipsé.

"Je sais que l'actualité dans cette campagne est souvent décourageante ou cynique. A cause de la nature d'internet et des réseaux sociaux, il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux", a-t-il déclaré à Orlando. "Mais je vous en supplie, le choix proposé lors de cette élection est vraiment clair".

Des alliés de la démocrate ont accusé le patron du FBI de couvrir ses arrières en cas d'alternance. "Mais c'est vraiment irresponsable de ne pas clarifier de quoi il s'agit", a écrit David Axelrod, ex-conseiller de Barack Obama, sur Twitter. La sénatrice de Californie Dianne Feinstein s'est dite "choquée" de la lettre de M. Comey, qui en dit selon elle trop ou trop peu, attisant ainsi les suspicions.

James Comey avait recommandé en juillet de classer l'affaire, un avis suivi par le département de la Justice, mais il avait pris soin de souligner que l'ancienne secrétaire d'Etat avait fait preuve d'une "négligence extrême". La démocrate a présenté ses excuses l'an dernier dans cette affaire, mais elle a toujours prétendu n'avoir rien fait d'illégal.

Pendant ses quatre années à la tête du département d'Etat, de 2009 à 2013, elle communiquait avec une messagerie privée (hdr22@clintonemail.com), grâce à un serveur privé installé dans son domicile de Chappaqua, au lieu d'avoir recours à un compte gouvernemental, exposant potentiellement des informations confidentielles à un piratage. La planète républicaine y a néanmoins vu une validation de ses critiques continues contre Hillary Clinton. Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, a demandé que Mme Clinton soit privée des séances d'informations classifiées auxquelles ont droit les candidats à la Maison Blanche.

Le 29/10/2016 à 09h53