Manifestations anti-régime algérien, Acte XXVIII: «Écoutez, Généraux, nous voulons un État civil»

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Le peuple algérien a réaffirmé, à l’occasion du 28è Vendredi (30 août) des manifestations anti-régime, sa détermination à en finir avec la gouvernance du pays par les Généraux. Gaïd Salah, même muni d’une audioprothèse commandée récemment à Paris, continue de faire la sourde oreille!

Le 30/08/2019 à 12h07

Combien de fois faut-il clamer encore l'instauration d'un État civil, en lieu et place du régime vert-kaki, aux manettes depuis l’Indépendance de l’Algérie en 1962, pour que cette revendication populaire soit enfin entendue? Cela fait six mois, jour pour jour, que ce patient peuple s’époumone à réaffirmer ce voeu légitime de démocratie et de liberté.

Ce 30 août, qui marque la fin de la «permanence estivale» et le retour en force des manifestations, n’a pas dérogé à la règle, tellement la volonté est forte d’en finir avec l’oligarchie militaire qui, malgré la prédation des richesses du pays, ne veut toujours pas se faire une raison et retourner dans ses casernes, à la faveur de cet État réellement civil et démocratique appelé des voeux et hautes luttes du peuple algérien frère.

«Écoute, Gaïd, nous voulons un État civil», ont à nouveau scandé les manifestants, à l’adresse du chef d’état-major de l’armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, triste symbole du régime-vautour légué par l’ex-colonel Houari Boumediene, de son vrai nom Mohamed Boukharrouba.

On a cru, à tort peut-être, que le Général 4 Étoiles a recouvré l’ouïe, après avoir décroché, aux frais de l’antenne militaire de l’ANP à l’ambassade d’Alger à Paris, une audioprothèse. Il continue de faire la sourde oreille à l’aspiration du peuple à voir émerger, après soixante ans de règne vert-kaki, ce bel État civil, avec ce que cela comporte de liberté et de démocratie.

La surdité chronique du Général ventriloque n’a d’égale que sa soif de pouvoir qui, vous le savez, est aveuglant.

Voici ce que cela donne techniquement: l’ouïe, on peut la retrouver en sollicitant les services d’une audioprothèse. Mais que faire quand le Général multi-galons est aveuglé par le pouvoir? 

Une chose est pourtant sûre: en préférant regarder ailleurs, le généralissime finira dans le mur. Il est bien clair que le peuple algérien est sorti dans la rue pour y rester, du moins tant que la grande muette n’aura pas regagné ses casernes et laissé gouverner le pays par des civils, que des civils!

L’aveuglement du Général, à l’évidence, ne fait qu’unir davantage, voire radicaliser, un peuple algérien décidé à en finir avec la bêtise galonnée. 

Par M'Hamed Hamrouch
Le 30/08/2019 à 12h07