Vidéo. Algérie: comment le Général Gaïd Salah a discrédité l’armée aux yeux du peuple

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L’image de «l’armée nationale populaire» a été sérieusement écornée par les agissements du chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, comme le démontre cette réponse populaire déconcertante à un laquais du Généralissime qui s'était infiltré parmi les foules pour crier «armée, peuple, khawa, khawa»!

Le 25/09/2019 à 12h19

Jamais l’image de l’armée algérienne n’aura été autant dégradée et avilie comme elle l’a été sous la double mandature du Général Ahmed Gaïd Salah, en tant que chef d’état-major de l’ANP (depuis 2002) et vice-ministre de la Défense (depuis 2013). Le Général 4 Étoiles, on le savait, avait transformé l’état-major de l’ANP en «chasse gardée au service des copains et des coquins».

Un colonel de l’ANP avait dernièrement expliqué, sous couvert de l’anonymat, comment toute promotion était conditionnée au degré d’allégeance et/ou cadeaux offerts à son "Fakhamatoho" par les prétendants, notamment les montres de luxe qu’il collectionnait à tour de bras.

Mais passons, car le vrai sujet est ailleurs. Hier mardi 24 septembre, il s’est passé à Alger, lors des manifestations estudiantines anti-régime, quelque chose de très édifiant sur cette rupture scellée entre le peuple et l’armée.

Pour la petite histoire, un laquais du Général s’infiltre au beau milieu des manifestants anti-régime vert-kaki, en arborant un écriteau sur lequel était inscrit ce slogan: «Djeïch, chaâb, khawa, khawa» (armée, peuple, sont des frères), celui-là même que les manifestants se sont époumonés à répéter au tout début des manifestations anti-régime, qui se sont enclenchées en ce mémorable vendredi 22 février 2019.

L’agissement de l’étrange «intrus» avait peut-être valeur de test pour le Général. Or, la riposte à cet agissement a été on ne peut plus foudroyante de la part des manifestants. «Le peuple veut fair tomber Gaïd Salah», ont-ils à l’envi scandé, tout en confinant l’intrus dans un endroit isolé d'où il a été chassé comme un pestiféré.

Parlons clair, parlons vrai: le Général Ahmed Gaïd Salah a réussi en trente deux semaines (depuis le 22 février dernier) le défi peu reluisant de rabaisser son armée aux yeux du peuple algérien frère, en le confortant dans sa revendication d’instaurer un État civil réellement démocratique et populaire, en lieu et place de ce régime qui est l’incarnation monstrueuse de la prédation et de la répression. 

Par M'Hamed Hamrouch
Le 25/09/2019 à 12h19